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La Fédération protestante de
France (FPF) et l’Église évangélique au
Maroc (EEAM) tiennent ensemble à faire part de leur
préoccupation quant à la situation des
chrétiens au Maroc. Nous n’oublions pas
l’accueil qui, depuis, plus d’un siècle, est
fait aux chrétiens de confession protestante dans ce pays
où les étrangers exercent leur culte en toute
liberté. Nous n’oublions pas non plus le dialogue
« en vérité » qui a lieu au
Maroc entre des intellectuels chrétiens et musulmans,
notamment à l’Université Al Akhawayn et dans le
cadre du Groupe de recherche islamo-chrétien, ainsi
qu’avec les autorités du Royaume.
Toutefois, la FPF et l’EEAM ne
peuvent pas rester insensibles aux appels de ceux qui, au Maroc,
vivent des situations d’exclusion à cause de leur foi.
Même s’ils ne sont pas membres de l’EEAM, notre
devoir est d’écouter ces frères et ces
sœurs. Nous pensons, bien entendu, à certains
chrétiens expulsés récemment. Sans mettre en
cause la légitimité des autorités marocaines
à faire respecter la loi, la FPF et l’EEAM tiennent
à exprimer leur étonnement quant aux méthodes
employées dans certains cas. Pourquoi, par exemple, avoir
laissé faire l’orphelinat d’Aïn Leuh
pendant dix ans sans la moindre mise en garde et en expulser
soudainement tous les responsables sans distinction de fonction et
sans les avoir invités au préalable à se
mettre en règle ? Nous pensons aussi et surtout aux
chrétiens marocains qui nous disent leurs
inquiétudes, se sentant harcelés. En tant que toute
petite minorité, n’ont-ils pas le droit
d’être protégés ? Nous les assurons
de nos prières et de notre solidarité.
La FPF et l’EEAM tiennent à
redire leur attachement à la liberté de culte et de
conscience qui implique la capacité de choisir sa religion,
conformément à la Déclaration universelle des
droits de l’homme ratifiée par le Maroc. Le souci de
protéger les plus faibles, et donc le refus du
prosélytisme, ne doit pas être un prétexte
à remettre en cause la liberté religieuse.
Tout comme nous estimons que les musulmans
de France doivent jouir d’une pleine liberté de culte,
nous demandons qu’au Maroc, les juifs et les chrétiens
puissent exercer paisiblement leur culte et être ainsi en
mesure de contribuer avec les musulmans à la construction du
pays.
Que Dieu riche en miséricorde nous
accompagne sur notre route.
Communiqué de la
Fédération protestante de France et de
l’Église évangélique au Maroc — 24
mars 2010.
http://www.protestants.org
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