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Rencontre délicate entre le pape et le chef de l'Eglise anglicane
(21-11-2009) - Benoît XVI et le chef de l'Eglise anglicane, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, se rencontrent samedi au Vatican, un entretien délicat au moment où l'Eglise catholique ouvre largement ses portes aux Anglicans traditionalistes.

Prévue de longue date, cette entrevue prend un tour particulier alors que des centaines d'Anglicans du monde entier, notamment des Etats-Unis ou d'Australie, dont une vingtaine d'évêques, pourraient entrer dans le giron de Rome près de 500 ans après le schisme anglican de 1534.

Le 20 octobre, le Vatican avait annoncé la création d'une structure spéciale pour permettre ces conversions collectives, expliquant qu'il ne pouvait rester sourd "aux appels répétés et insistants" d'Anglicans.

Cette ouverture, qui inclut des prêtres déjà mariés, vise en particulier ceux qui ne se reconnaissent plus dans leur Eglise depuis qu'elle accepte d'ordonner des femmes ou de bénir des couples homosexuels.

L'initiative du pape avait été annoncée simultanément à Rome et Londres et saluée dans un texte commun par l'archevêque de Canterbury et son homologue catholique, l'archevêque de Westminster.

Mais Mgr Williams avait donné l'impression d'avoir été pris de court. "J'ai été informé de l'annonce commune très tardivement", avait-il écrit à son clergé.

Pour la presse britannique, cette rencontre entre les chefs de l'Eglise catholique et anglicane risque de tourner à "la confrontation".

C'est la situation "potentiellement la plus explosive dans les relations entre Catholiques et Anglicans depuis la Réforme", estime le Times de Londres.

Pour le vaticaniste Bruno Bartoloni, les deux dirigeants veulent "montrer leur bonne volonté et prouver que l'oecuménisme se poursuit".

Mais, explique-t-il à l'AFP, "ce qui se passe en réalité est que les deux parties ont reconnu que l'oecuménisme (NDLR, qui vise à rassembler l'ensemble des églises chrétiennes) a échoué".

"Les Anglicans réactionnaires vont rejoindre l'Eglise catholique, qui n'acceptera jamais l'ordination des femmes. Finalement, ça convient aux deux parties", estime-t-il.

A Rome, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des Chrétiens, Walter Kasper, affirme que l'entrée d'Anglicans dans l'Eglise catholique ne constitue pas "un nouvel oecuménisme".

Et dans un texte publié par l'Osservatore Romano, il semble reconnaître en filigrane que l'Eglise catholique a pêché dans la méthode.

"Qu'il s'agisse de conversion individuelle ou collective, le dialogue oeucuménique devrait se mener dans la plus grande transparence possible, avec tact et estime réciproque", dit-il.

Plusieurs Anglicans traditionalistes se sont déjà convertis au catholicisme depuis que l'ordination des femmes a été adoptée en 1992 par l'ensemble de l'église anglicane.

Mais selon l'expert du Vatican John Allen, si de nombreux anglicans s'apprêtent à saisir cette opportunité, jusqu'à présent le nombre de catholiques qui faisaient le chemin inverse était plus important.

L'Eglise anglicane compte quelque 77 millions de fidèles dans le monde et l'Eglise catholique 1,1 milliard.



© AFP
 
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