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Synode FLM
Les tendances renversées
jeudi 11 septembre 2008, par Eugène
R.
Le projet de révision du règlement
intérieur de l’église luthérienne, qui
consiste à limiter à 60 ans l’âge de la
retraite des pasteurs, a été rejeté hier par
la majorité des acteurs du synode. Le vote a renversé
la tendance qui était en faveur du président en
exercice, Rakoto Endor Modeste après la déclaration
de soutien faite par le président Marc Ravalomanana lors de
son passage à Morondava. La majorité a voté
pour la candidature du pasteur Péri Rasolondraibe. Autrement
dit, l’adoption de ce projet de révision qui fixe
à 60 ans l’âge de retraite rend impossible la
candidature de ce pasteur de la paroisse des 67ha, actuellement
âgé de 61 ans. Le vote d’hier reflète la
nouvelle tendance car le rejet de ce projet de révision peut
être interprété comme un mauvais signe pour le
Dr Rakoto Endor Modeste qui a proposé et défendu
ledit projet.
Les 485 participants de Morondava ont donc à choisir
aujourd’hui entre le président sortant et le pasteur
Péri Rasolondraibe. Le pasteur Randrianarivelo Joseph,
actuel président du synode d’Antananarivo, s’est
désisté.
En faveur de
Lahiniriko
Un autre projet de révision du
règlement intérieur de la FLM a été
également rejeté, celui qui prévoit que le
trésorier de l’église doit être un
« matihanina ». C’est-à-dire
qu’il a droit au salaire mensuel et ne s’occupe
d’autre chose que de sa fonction de trésorier. La
majorité des participants ont voté pour le maintien
de l’ancienne disposition qui stipule que tout le monde peut
être élu trésorier.
Avec ce deuxième rejet, la
candidature du trésorier en exercice, Jean Lahiniriko est
bel et bien recevable. L’ancien président de
l’Assemblée nationale est devenu le grand favori
à l’élection de sa propre succession. Il serait
l’unique candidat à cette élection. En tout
cas, aucun des candidats ne peut clamer sa victoire avant les
résultats des élections proprement dites. Les
élections des nouveaux membres du bureau central de la FLM
seront organisées ce matin. Les résultats seront
connus au plus tard à midi, selon les explications
d’un responsable que nous avons pu joindre par
téléphone depuis Morondava.
Tribune Madagascar
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Comme à l’accoutumée, l’assemblée générale annuelle « Isantaona » du Tobilehibe Soatanàna, affilié à la Fédération des Eglises Protestantes de Madagascar FFPM, aura lieu du 14 au 18 septembre. Le slogan choisi comme thème du Isantaona correspond à la doctrine paulinienne tirée des épîtres aux Romains (10 : 11) stipulant : « Quiconque croit en Lui ne sera pas confondu ».
Programme revisité
Soatanàna, le plus ancien des quatre centres de réveil spirituel est le berceau du renouveau malgache : 14 octobre 1894. Ce toby demeure aussi le plus intransigeant en matière de respect et application de l’enseignement hérité du fondateur. Il possède des spécificités culturelles endémiques et conserve depuis toujours, contre vents et marées, sa raison d’être, à savoir l’amour du prochain.
Pourtant, un changement radical s’est opéré au niveau du programme pour cette année. Tout d’abord, il n’y a pas de travaux communautaires, le fameux « asam-piraisana », étant donné que la journée d’ouverture du 14 septembre tombe un dimanche.
Mais ce qui a surpris plus d’un, c’est que la cérémonie du 17 septembre assortie du sacre des « Mpiandry » et suivie de la célèbre ronde spirale « faribolan’ny zafindraony » a été modifiée pour être effectuée le matin. Cette immense liesse collective nocturne sous le clair de lune constitue un des principaux charmes de Soatanàna. Serait-ce une standardisation pour que Soatanàna soit comme les trois autres « tobilehibe » ? Ou s’agit-il d’une question de convenance et de commodité administrative pour rendre service aux incontournables invités de marque ?
Une chose est certaine, le Tobilehibe Soatanàna est affilié au FFPM et est supervisé directement par le Synode luthérien SPAf de Fianarantsoa. Une telle décision est par conséquent prise au moins à ce niveau car le « Tobilehibe » ne remet jamais en question les instructions émanant de l’Eglise. Quoi qu’il en soit, cette nouveauté n’est pas exempte de commentaires et d’interprétations au sein des pèlerins habitués de Soatanàna.
Doctes intervenants
Par ailleurs, des noms d’illustres personnalités sont visibles dans le programme. Avant que le Dr Rakotoharintsifa Andrianjatovo, Professeur à la Fac DEGS et à la Faculté de Théologie FJKM d’Ambatonakanga, paroissien d’Ambavahadimitafo ne prononce l’homélie le 16 septembre, le Mpiandry, Radavidson Andriamparany Benjamin, du temple FJKM Ambodifiakarana, ancien ministre des Finances sera chargé de la lecture de l’épître aux Romains. Le jour du sacre, le Mpiandry, Rasolofoniaina Jean Donné, ministre des Eaux, assumera la prière de bénédiction, tandis que son épouse, Rasolofoniaina Irène Antoinette, Enseignant-Chercheur se verra confier la lecture de l’Evangile selon St-Jean. De toutes les façons, les grosses pointures du FLM et du FJKM titulaires du Ph’d comme les Rasolondraibe Péri, Razafimanantsoa Edmond, Rakoto Endor Modeste... seront de la fête et auront la lourde tâche de « paître » les agneaux assoiffés.
Fraternité
La randonnée granitique de l’Isandra, un projet sous tutelle de l’université, sera anticipée pour la journée du 12 septembre. Elle permettra aux pèlerins et aux adeptes du tourisme religieux de découvrir des curiosités et spécificités touristiques constituées par des sites naturels et culturels de l’ancien royaume betsileo de l’Isandra. Elle fera aussi vivre sur terrain, à l’unisson, l’interculturalité avec les autochtones de la communauté de base. « L’escalade de la concorde », c’est le thème attribué cette année par le promoteur du projet. Ce thème correspond à la réconciliation, entre les disciples « Avaratra » et « Atsimo », qui est actuellement en bonne voie depuis que Soatanàna ait eu son enfant nommé ministre des Eaux.
tiré de http://www.tribune-madagascar.com du 11/09/2008
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Ny Birao Foibe FPMA
izay nivory androany asabotsy 6 septambra dia niara-nanaiky ary
rehefa niresaka tamin’ny fianakaviana fa hanatanteraka
fanompoam-pivavahana fanomezam-boninahitra an’Andriamanitra
tamin’ny nanomezany ny FPMA an’
Itompokovavy
RAZAFINANTOANDRO Joséphine
Grand’Maman, vady navelan’Itompokolahy
RAKOTOARIMANANA Victor Grand’Papa,
Mpitandrina,
« Co-Fondateur
FPMA », Filoha Synodaly nandritra ny taona maro ary natao
Jobily teto amin'ny FPMA.
K$oa asaina isika
rehetra ary aoka hifampilaza ka hanatrika io fanompoampivavahana
fankalazana an’Andriamanitra io. Ny fotoana dia amin'ny
asabotsy 27 septambra 2008 manomboka amin’ny 16 H 30 ao
amin’ny
Eglise de la
Rédemption
– 16, rue Chauchat
–
75009 PARIS. (Métro
Richelieu-Drouot)
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L'incroyable nouveauté
Rappel des faits
Selon la chronologie de la vie de Paul, que l'on peut tenter de reconstituer à partir des données des Actes et des Galates, l'apôtre s'est converti vers 34. C'est aussi à cette époque que des croyants, dispersés lors de la persécution à Jérusalem, se sont réfugiés à Antioche de Syrie, troisième ville de l'Empire romain quant à la population (env. 400 000 hab.). Quelque temps plus tard, certains d'entre eux annoncent l'Évangile à des païens, et l'on assiste à la création de la première Église pagano-chrétienne (Ac 11.20-21). Paul, que Barnabas va chercher à Tarse, arrive en 43/44 à Antioche où il exerce un ministère d'une année aux côtés de Barnabas (11.25-26). En 46-47/47-48, les deux hommes se rendent à Chypre puis en Galatie du Sud pour annoncer l'Évangile et fonder des Églises (ch. 13-14), puis ils retournent à Antioche (14.27-28). Finalement, en 48/49, ils montent à Jérusalem pour le premier « concile » de l'histoire de l'Église (ch. 15).
Un séisme théologique
Les païens se tournent vers l'Évangile ! Actes 11.26 précise que c'est à Antioche de Syrie que les croyants ont été, pour la première fois, appelés « chrétiens ». Il fallait, en effet, donner un nom à ces gens qui n'étaient ni païens ni juifs, mais des fidèles du « Christ ».
Cette entrée des païens dans le peuple de Dieu a suscité la première grande crise théologique de l'histoire au sein de l'ensemble de l'Église. Au début, tout se passe bien (11.22-23). Lors de la visite de Paul et de Barnabas à Jérusalem (11.30 ; 12.25), qui étaient accompagnés par Tite (Ga 2.1), peut-être un pagano-chrétien d'Antioche, Pierre, Jean et Jacques expriment leur solidarité et leur accord avec les deux hommes (2.9). Pierre lui-même n'avait-il pas ouvert le royaume aux païens lors de sa visite chez Corneille (Ac 10) ? Cependant, après le retour de Paul et de Barnabas (Ac 14.27-28) à Antioche suite à leur tournée missionnaire à Chypre et en Galatie du Sud, on assiste à une première faille dans cette entente théologique. Pierre vient à Antioche, partage le repas (avec cène ?) des pagano-chrétiens de l'Église, mais après « l'arrivée de quelques personnes de l'entourage de Jacques », il s'esquive et se tient à l'écart, « à cause de ceux de la circoncision », au point d'entraîner Barnabas dans son sillage (Ga 2.11-13). L'interprétation de l'attitude de Pierre est discutée ; elle dépend en partie de l'identité de ceux que Paul appelle « de la circoncision ». S'agit-il des judéo-chrétiens arrivés à Antioche ou plus généralement des judéo-chrétiens de Jérusalem qui auraient pu être choqués par le « laxisme » de l'apôtre (voir Ac 11.2) ? Ou ces membres « de la circoncision » visent-ils des Juifs non chrétiens qui auraient pu, par représailles, s'en prendre aux croyants de Jérusalem ? Pierre, pris d'un vertige théologique, a-t-il eu un réflexe de panique en pensant aux conséquences de son ouverture à l'égard des païens convertis ? Quoi qu'il en soit, les choses semblent être rentrées dans l'ordre après cette première alarme : Barnabas et Pierre, en tout cas, ont reconnu leur erreur (15.2, 7-11).
Cependant, peu de temps plus tard, la crise éclate « tous azimuts ». Dans les Églises de Galatie du sud (Ga), à Antioche de Syrie et en Judée (Ac 15.1) : il faut, exigent certains, que les pagano-chrétiens se fassent circoncire pour être sauvés ! Cette crise, qui a ébranlé toute l'Église, a suscité un renouvellement théologique et une innovation ecclésiologique.
Un renouvellement théologique, une innovation ecclésiologique
Il serait trop long de le prouver, contentons-nous de l'affirmer. Il nous semble que la théologie judéo-chrétienne s'articule fondamentalement autour des deux notions de nouvelle naissance et d'obéissance (le commandement de l'amour) : c'est par l'Esprit que Dieu, dans sa bonté, change les cours grâce à l'ouvre du Christ et donne la capacité de mettre sa Loi en pratique. On trouve cette formulation de la vérité dans Jacques, Pierre et Jean. Paul, quant à lui, structure sa théologie autour des deux notions clés de la justification par la foi en Christ et de la sanctification par l'Esprit. Son approche est plus juridique car il lui faut répondre au problème du statut des pagano-chrétiens : comment pourraient-ils avoir part, eux qui ne sont pas Juifs, à l'alliance établie avec Abraham ? Cet enjeu le conduit à redéfinir le statut de tout homme devant Dieu, tant juif que grec. C'est à la lumière de ce fait, nous semble-t-il, qu'il faut comprendre, entre autres, les formulations divergentes entre Jacques et Paul sur la justification. Car si le premier parle de foi juive et d'ouvres chrétiennes, le second parle de foi chrétienne et d'ouvres juives. Bien que la vérité fondamentale n'ait pas changé, la formulation s'est modifiée : l'entrée des païens dans l'Église a suscité un approfondissement théologique.
Ce renouvellement théologique s'est accompagné d'une incroyable innovation ecclésiologique, qui a tendu à relativiser les réalités qui divisent les hommes. Car en Jésus-Christ, « il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme » ; tous, en effet, sont un (Ga 3.28). La manière dont Paul et l'Église ont cherché à appliquer ces vérités a dérouté plus d'un « traditionaliste » de l'époque. Le refus de l'apôtre de soumettre les pagano-chrétiens à la nécessité de se faire circoncire, de pratiquer le sabbat, d'observer les prescriptions alimentaires de la Loi mosaïque ou de dépendre de Jérusalem (Ga 5.2 ; 6.12-15 ; 4.10 ; 2.12-14 ; 4.21-28) s'est constamment accompagné d'un plaidoyer pour le respect des opinions et des consciences (Rm 14.1-5 ; 1 Co 8.7-13) : Juifs et païens, les ennemis d'antan, étaient appelés à vivre la paix établie par le Christ (Ép 2.14-17 ; Col 3.15). Pour les Romains, les esclaves étaient des « choses » ; Paul les traite en êtres humains responsables (Ép 6.5-8 ; Col 3.22-25) et son attitude envers Onésime a dû en surprendre plus d'un (Phm). À Antioche, un Noir, Siméon, était l'un des prophètes ou docteurs de l'Église au même titre que Manaën, qui avait été élevé avec Hérode Antipas (Ac 13.1) ! Et que dire de la place si importante que Paul attribue aux femmes au sein de la communauté chrétienne ? Le contraste avec la pratique juive ou grecque est saisissant. Contrairement aux usages du temps, il nomme Priscille avant son mari Aquilas à plusieurs reprises (Ac 18.18 ; Rm 16.3 ; 2 Tm 4.19). Il la présente comme l'une de ses collaboratrices (Rm 16.3), de même qu'Évodie et Syntiche, qui « ont combattu côte à côte » avec lui « pour l'Évangile » (Ph 4.2-3). Par ailleurs, il loue Junia qu'il qualifie, selon l'interprétation la plus probable du verset, d'« apôtre remarquable » (Rm 16.7). Ces innovations ecclésiologiques ont marqué la pratique missionnaire de l'apôtre qui mettait un point d'honneur à être comme un Juif avec les Juifs et comme un Grec avec les Grecs (1 Co 9.19-23) ; on le lui a d'ailleurs reproché, l'accusant d'être hypocrite (Ga 1.10 ;1 Co 9.3 ; 2 Co 4.2 ; etc.).
Et nous ?
Le pluralisme de notre époque - qui rassemble en un même lieu chrétiens catholiques, protestants ou orthodoxes, athées, sceptiques, musulmans, Juifs, bouddhistes, adeptes de la spiritualité « new age », matérialistes, intoxiqués de la télévision ou du football - ressemble beaucoup plus à ce que Paul a connu qu'à la situation de nos pays durant le Moyen Âge. Paganisme, judaïsme, stoïcisme, épicurisme, occultisme, cultes à mystères, hédonisme et jeux du cirque se côtoyaient au premier siècle. Ne nous faudrait-il donc pas, nous aussi, avoir le courage de reformuler la vérité de l'Évangile pour notre temps ? Il n'est pas certain qu'il faille toujours et obligatoirement annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus à la manière des Réformateurs du seizième siècle. Certes, à leur époque, les gens étaient particulièrement sensibles aux notions juridiques de culpabilité et de justification. Ne sont-ils pas plus sensibles, de nos jours, aux notions d'esclavage et de libération ? L'individualisme protestant, si important face à un catholicisme englobant et dominateur, semble perdre de son attrait ; le message de l'appartenance au peuple de Dieu pourrait trouver un écho plus favorable parmi nos contemporains. L'annonce du salut de l'âme des temps passés pourrait laisser la priorité à celle de la résurrection de ce corps auquel on voue un culte en notre temps. Avant de prêcher le salut, ne devrions-nous pas aider nos concitoyens à retrouver le sens de Dieu, de la création et de l'homme ? Car que sert-il de faire une expérience de « salut » si celle-ci ne s'accompagne pas d'une réelle compréhension de Dieu et de l'homme ?
Mais le courage théologique ne va pas sans courage ecclésiologique, car la théologie doit s'incarner dans le temps et les cultures. Ce sont les Églises de professants qui, dans le passé, ont eu l'audace de réformer l'Église jusqu'à revendiquer son indépendance par rapport au pouvoir temporel, lutte dont l'emblème a été le baptême des croyants. Jusqu'où devrait-on s'inspirer des pratiques du culte de la mosquée pour les adapter, dans certaines Églises, au culte chrétien en vue de mieux annoncer l'Évangile aux musulmans ? Toutes les chrétiens se réjouissent de l'abolition de l'esclavage et jugent qu'il n'est pas nécessaire de le rétablir pour demeurer fidèles aux exhortations de Paul et de Pierre, adressées aux esclaves et aux maîtres dans ce que l'on appelle les « tables d'états temporels » (Ép 5.17-6.9 ; Col 3.18-4.1 ; 1 P 2.13-3.7). Nous acceptons tous de tenir compte des acquis heureux de l'histoire dans ce domaine pour interpréter les enseignements apostoliques. Ne devrions-nous donc pas aussi tenir compte des acquis de l'histoire concernant les relations entre l'homme et la femme pour interpréter les exhortations des apôtres visant leurs relations et qui appartiennent à ces mêmes « tables d'états temporels » ? L'exercice de l'autorité dans l'Église doit-elle nécessairement s'exercer de nos jours comme il y a quelques siècles ? Les notions de collégialité, de délégation, d'organisation en réseaux ne sont-elles pertinentes que pour le monde de l'entreprise ? Ne vaudrait-il pas mieux réfléchir sérieusement aux nouveaux moyens de communication (les média, le cinéma, etc.) plutôt que d'y avoir recours par « contagion » et sans discernement ?
Osons !
Héritage et tradition, liberté et innovation. Telles sont deux leçons essentielles que nous enseigne l'Église du Nouveau Testament. L'enracinement, qui produit la maturité, découle de la première d'entre elles. Il n'est pas de chrétien de Gaule ou du Groenland qui parvienne à la maturité chrétienne sans se savoir, profondément et d'abord, fils d'Abraham. La liberté et l'innovation favorisent l'incarnation de l'Évangile dans le temps et la culture. Ces deux leçons doivent se vivre ensemble, sous l'autorité bienveillante de la Parole du Seigneur, rendue vivante dans les cours par l'Esprit et dans l'Église par les ministères qu'il y suscite.
Jacques Buchhold, professeur de Nouveau Testament
à la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine
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Nouvelles formes d'Eglises - à considérer ou à ignorer ?
par Jacques Buchhold, professeur de Nouveau Testament à la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine
Le monde change. Que devient l'Église ? « Colonne qui rappelle la vérité, lieu où elle est fermement établie » (1 Tm 3.15), comment s'adaptera-t-elle à la situation actuelle sans dénaturer le message qu'elle porte ? L'exemple des Églises du Nouveau Testament peut aider à répondre à ces questions.
L'Église : du vin nouveau dans de vieilles outres ?
Certes, c'est dans de nouvelles outres que le Seigneur a versé le vin de la Pentecôte (Lc 5.37-38), car une alliance nouvelle y a été inaugurée. Mais ce vin nouveau a le goût capiteux du vin vieux, conservé dans les tonneaux séculaires d'Israël (5.39). C'est la Loi des temps anciens que l'Esprit a inscrite dans les cours (Jr 31.33 ; Éz 36.27) : l'outre neuve hérite de l'outre des temps passées.
L'Église de Jérusalem
Le Seigneur avait laissé fort peu d'instructions précises concernant la communauté messianique, l'Eglise qu'il allait créer. Les premiers croyants, tous Juifs convertis à Jésus-Christ, ont donc spontanément vécu à Jérusalem les réalités de la nouvelle alliance au sein de celles de l'ancienne. Ils se réunissaient entre eux pour prier, prendre la cène et être enseignés par les apôtres (Ac 2.42 ; 4.32), mais ils continuaient à fréquenter le Temple (2.46 ; 3.1, 3, 11 ; 5.12, 42). Certains spécialistes ont rapproché leurs pratiques de celles des esséniens : tirage au sort après délibération pour désigner le successeur de Judas (1.21-26) ; partage des biens (2.44-45 ; 4.32, 34 ; 5.1-11) ; vie communautaire intense (2.42, 44 ; 4.32) que manifestent les repas fraternels (2.46 ; 6.1). Par ailleurs, selon certaines données archéologiques, il se pourrait que la communauté chrétienne de Jérusalem se soit implantée dans ce que plusieurs pensent avoir été, à l'époque, le quartier essénien de Jérusalem, près de la porte que Flavius Josèphe appelle « la porte des esséniens ». Cependant, les différences entre les pratiques esséniennes et les pratiques chrétiennes sont au moins tout aussi frappantes : partage des biens non obligatoire (5.4), admission immédiate dans la communauté, après confession de la foi (2.41), baptême unique, larges contacts avec le reste des habitants de Jérusalem (2.47 ; 3.3-4, 11 ; 5.12), piété peu soucieuse de pureté rituelle, etc. Les dissemblances soulignent l'originalité du christianisme qui n'est pas, contrairement à la formule de Renan, un essénisme qui a réussi. Les parallèles, en revanche, suggèrent que la toute jeune communauté de la nouvelle alliance à Jérusalem s'est, d'une certaine manière, « coulée dans l'outre » de l'une des formes du judaïsme ancien, respectant ainsi le principe divin de l'incarnation.
Ce même principe d'incarnation est à l'ouvre lorsque les apôtres décident de nommer « sept hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse » (6.3) pour répondre aux tensions qui avaient surgi « entre les disciples juifs de culture grecque et ceux qui étaient nés en Palestine » à l'occasion des distributions quotidiennes de nourriture aux veuves de ces deux origines (6.1). Car ce sont tous des chrétiens juifs portant des noms grecs, qui ont été choisis pour cette tâche. Le passage du relais de l'autorité dans l'Église de Jérusalem entre Pierre et Jacques, que signale peut-être Actes 12.17 (« Faites savoir tout cela à Jacques et aux autres frères. Puis Pierre partit et se rendit en un autre lieu »), illustre à nouveau ce principe. Car on assiste alors, d'un point de vue sociologique (Max Weber), au passage d'une autorité « charismatique » (Pierre) à une autorité « dynastique » (Jacques, frère de Jésus), ce qui inscrit la vie de l'Église dans le temps.
Le souci de Jacques de respecter la vieille outre de l'ancienne alliance s'est manifesté lorsque Paul est venu à Jérusalem pour y apporter la collecte patiemment recueillie dans les Églises pagano-chrétiennes d'Asie mineure, de Macédoine et de Grèce (Ac 24.17). L'apôtre, en effet, pour montrer qu'il demeurait un Juif fidèle aux prescriptions de la Loi, a accepté, sur la demande de Jacques, de participer à la cérémonie de purification au Temple de quatre chrétiens qui avaient fait un vou (21.23-24, 26). Ce désir de Jacques et de Paul de prouver que, pour les Juifs, la foi chrétienne ne s'opposait pas à leurs pratiques séculaires devait aussi être une expression de réalisme. Car l'on sait par Flavius Josèphe qu'à cette époque des Juifs intégristes, appelés zélotes, menaçaient la vie de tous ceux qui, en Palestine, pactisaient avec les Romains et abandonnaient la Loi.
Et nous ? L'identité évangélique française s'est, en partie, forgée « contre ». C'est en luttant contre le catholicisme que le protestantisme a pu survivre dans certaines régions françaises ; c'est en combattant un protestantisme français attiédi et souvent peu tolérant que le protestantisme évangélique a pu gagner de l'influence lors du Réveil du siècle dernier ; c'est en s'élevant contre le libéralisme que l'évangélisme français s'est maintenu en créant des instituts bibliques et des facultés de théologie. Pour de nombreux chrétiens évangéliques, la France est, en fait, une terre de mission qui n'a jamais connu l'Évangile. Pour eux, l'histoire du christianisme français débuterait avec la Réforme ou même la création de telle ou telle Église de professants ! Ils ignorent tout ou presque de l'évêque Pothin et de Blandine, morts en martyrs à Lyon en 175-177 avec une cinquantaine d'autres croyants ; d'Irénée, nouvel évêque de la ville dont l'influence s'étendait dans tout le bassin méditerranéen ; d'Anselme (1033-1109), abbé de l'abbaye du Bec en Normandie où le « Docteur Magnifique » rédigea son Proslogion que commenteront les plus grands parmi les philosophes et les théologiens ; de Bernard de Clairvaux (1091-1153), le maître à penser de son temps que le Français Jean Calvin ne cessera de citer ; de Thomas d'Aquin (1225-1274), professeur en Sorbonne, et de sa Somme théologique. Mais il faudrait encore mentionner les abbayes, les monastères et ces innombrables prieurés, avec leur vie d'inspiration évangélique, qui ont couvert le territoire français lors de ces siècles. La France n'est pas tant une terre de mission (qui ne connaît pas l'Évangile) que de sécularisation (qui rejette l'Évangile).
Le refus de certains évangéliques de toute dette historique envers la vieille « outre » du christianisme français se manifeste à des « détails » qui ont leur importance : manque de sensibilité architecturale ou esthétique dans la construction des lieux de culte, refus de toute marque extérieure de christianisme dans certaines églises (une croix, p. ex.), abandon de la prière en commun du Notre Père (que, pourtant, Jésus nous a enseignée) ou de la confession commune de la foi au moyen du Symbole des apôtres. Avons-nous si peu le souci des personnes de culture catholique auxquelles nous désirons annoncer l'Évangile que nous faisons tout pour leur rendre l'intégration dans nos Églises la plus difficile possible ? Mais au delà des détails se pose le problème crucial de l'enracinement de la foi dans l'histoire. Pour Jacques, le vrai Juif, fidèle à l'héritage vétéro-testamentaire, est le chrétien ; de manière analogue, il est essentiel de comprendre que le protestantisme évangélique est l'héritier légitime du christianisme « orthodoxe » du Moyen Âge et non seulement des quelques mouvements marginaux qui ont pu annoncer la Réforme (Jean Hus, Wycliffe, les Vaudois).
Avouons-le : il est quelque peu triste de constater que c'est le danger d'être classés parmi les sectes qui encourage, de nos jours, certains évangéliques à se rapprocher, par réalisme, du christianisme français plus officiel. Le réalisme de Jacques était orienté par un discernement théologique plus profond. Après Jérusalem, cependant, le vin nouveau de l'Esprit a atteint Antioche de Syrie, où l'outre qu'est l'Église a manifesté toute sa nouveauté.
L'incroyable nouveauté
Rappel des faits Selon la chronologie de la vie de Paul, que l'on peut tenter de reconstituer à partir des données des Actes et des Galates, l'apôtre s'est converti vers 34. C'est aussi à cette époque que des croyants, dispersés lors de la persécution à Jérusalem, se sont réfugiés à Antioche de Syrie, troisième ville de l'Empire romain quant à la population (env. 400 000 hab.). Quelque temps plus tard, certains d'entre eux annoncent l'Évangile à des païens, et l'on assiste à la création de la première Église pagano-chrétienne (Ac 11.20-21). Paul, que Barnabas va chercher à Tarse, arrive en 43/44 à Antioche où il exerce un ministère d'une année aux côtés de Barnabas (11.25-26). En 46-47/47-48, les deux hommes se rendent à Chypre puis en Galatie du Sud pour annoncer l'Évangile et fonder des Églises (ch. 13-14), puis ils retournent à Antioche (14.27-28). Finalement, en 48/49, ils montent à Jérusalem pour le premier « concile » de l'histoire de l'Église (ch. 15).
Fin de la première partie
(la suite..)
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Communiqué de la Fédération protestante de France — 26 août 2008
Le pasteur Yves Parrend prend ses fonctions de secrétaire général de la Fédération protestante de France (FPF) le 1er septembre 2008.
La vocation pastorale et l’action sociale sont au coeur du parcours de ce protestant luthérien : plusieurs engagements à la Cimade (Service d’entraide œcuménique), dont la vice-présidence nationale ; en poste pastoral pour l’Église évangélique luthérienne de France et plus récemment pour les Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine.
Yves Parrend aborde son poste de secrétaire général comme une nouvelle étape de son ministère et de son service au protestantisme français. Il sera en charge, entre autres responsabilités, de la cohésion des différents services et commissions de la FPF, en lien avec les orientations du Conseil de la FPF, du suivi des demandes d’adhésion d’unions d’Églises, de communautés, d’œuvres ou de mouvements à la Fédération.
Accompagner le développement de la FPF dans les régions, améliorer la proximité entre les membres et les structures constituent les grands axes des nouvelles missions d’Yves Parrend.
Parcours du pasteur Yves Parrend
Né en 1954 à Montbéliard, Yves Parrend est issu d’une solide tradition pastorale luthérienne. L’un de ses ancêtres, pasteur à Bischheim, a été un des artisans du renouveau luthérien en Alsace au XIXe siècle.
La vocation pastorale et l’action sociale constituent deux axes essentiels du parcours d’Yves Parrend. Après une maîtrise de théologie à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, il a été pasteur de l’Église évangélique luthérienne de France, durant quatre ans, au pays de Montbéliard.
De 1983 à 1992, Yves Parrend se consacre à la Cimade, dans la région Est, il sera également vice-président au niveau national de 1984 à 1988. Autre expérience : il est, de 1991 à 1992, chef du service social départemental au Conseil général du Territoire de Belfort.
À partir de 1992, il revient en paroisse, en Alsace. Depuis 1996, il est pasteur à Kolbsheim et également président de la commission Art et construction de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine.
Yves Parrend est membre observant de la Fraternité des Veilleurs.
Ce passionné d’art est autant intéressé par l’art moderne et contemporain que par le patrimoine religieux ou les vitraux.
Yves Parrend et son épouse Martine ont deux enfants.
Fédération protestante de France
Contact presse : Muriel Menanteau
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Fédération protestante de France
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www.protestants.org
Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : 26 août 2008
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