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Vivre ensemble sous le signe de l’arc-en-ciel
Genèse 9 : 8 à 17 et Jean 1 : 1 à
12
A l’occasion du premier culte
Mosaïc qui s’est tenu dans la chapelle du défap
le 4 février dernier avec la communauté
méthodiste ivoirienne de Paris, c’est un pasteur
luthérien malgache qui a assuré la
prédication. En choisissant un thème proche de celui
de la mosaïque, mais tiré du monde la nature et
très porteur de sens : l’arc-en-ciel.
L’arc-en-ciel, est une magnifique peinture
que Dieu offre à Noé après cette
épreuve terrible du déluge. Cette peinture est
très particulière et c’est justement ces
particularités qui en font sa richesse. Tout d’abord,
nous voyons l’arc-en-ciel, lorsque nous tournons le dos au
soleil... Plus encore, l’arc-en-ciel s’écrit le
plus souvent sur le fond sombre des nuages... Voilà
déjà deux particularités que nous pouvons
méditer...
Le signe n’est pas donné lorsque nous
regardons vers la lumière, il est donné lorsque nous
tournons le dos à cette lumière et il est
d’autant plus visible lorsqu’il s’inscrit dans un
paysage sombre... Le paysage sombre c’était, pour
Noé, tout ce qu’il venait de vivre, ces
journées de nuit et de tempête, certainement la peur
et le découragement... Le paysage sombre, c’est
peut-être tout ce que nous pouvons vivre de désolation
et de souffrance lorsque la tempête semble chercher à
/ sur le point de nous emporter... Donc, là, au cœur
des difficultés, dans le sombre de notre existence, Dieu
fait briller par sa lumière les couleurs de la vie.
Et voilà une autre
particularité : la lumière donnée
n’est pas un coup de projecteur, bien blanc qui
décrirait un point lumineux éblouissant. La
lumière se décompose en une multitude de couleurs qui
se fondent les unes dans les autres dans / en un
dégradé du plus bel effet. Aucune couleur ne cherche
vraiment à s’imposer et il nous est donné de
voir un ensemble. Il y aurait beaucoup à dire sur cette
unité dans la diversité. En elle réside
déjà une parabole qui nous invite à
reconnaître combien la lumière de Dieu peut
s’exprimer au travers de toutes sortes de couleurs dont
aucune ne peut prétendre être suffisante ou
supérieure aux autres.
Mais / De plus, cette lumière donnée
en couleur est donnée / a aussi en / la forme / hautement
symbolique et cette arche / d’un arc qui remplace
l’arche de Noé, [a une valeur symbolique]. Dans
l’Arche, Noé avait un toit protecteur ;
l’arc-en-ciel est une arche qui enveloppe et protège
symboliquement. Elle n’est pas cercle fermé qui
enferme, mais le signe d’une grâce qui
s’ouvre.
Mais le plus important n’est peut-être
pas là / est encore ailleurs. Il y a un détail dans
le texte que nous devons bien considérer.
L’arc-en-ciel est donné pour que nous le regardions,
c’est sûr, et il est difficile d’y rester
insensible... Mais / Dieu aussi regarde l’arc-en-ciel, [Dieu
se le donne aussi à regarder,] un peu comme un peintre
réaliserait un tableau pour que ce tableau lui rappelle sans
cesse quelque chose de particulièrement important. Un
post-it géant, en quelque sorte. Lorsque nous voyons
l’arc-en-ciel, il nous est donné de regarder ce que
Dieu regarde et considère : " Je mets mon arc dans les
nuages, dit l’Eternel. Quand l’arc-en-ciel
apparaîtra, je me souviendrai de l’alliance que
j’ai faite pour toujours avec tous les êtres vivants de
la terre. "
Dieu ne regarde pas l’obscurité de nos
situations et de nos tempêtes humaines, il ne regarde pas la
violence et la dureté de nos cœurs qui méritent
la punition la plus forte, il ne regarde pas les
ténèbres dans lesquels nous nous plongeons... Dieu
considère ce qu’il a promis et inscrit dans les
couleurs de ce tableau extraordinaire de l’arc-en-ciel :
une promesse de joie, de paix, une volonté de
bénédiction et non de punition.
[Mais] il y a un dernier aspect que j’aimerai
évoquer : c’est le caractère
éphémère de l’arc-en-ciel. Comme il
apparaît soudainement, il disparaît également et
nous n’en avons plus que le souvenir. La peinture de Dieu est
comme une sorte de parole et surtout pas une idole que l’on
pourrait posséder jalousement. Le tableau a parlé,
Dieu l’a regardé, et si nous avons été
témoins de ce regard de Dieu chargé
d’espérance, c’est pour mieux avancer ensuite
sur notre chemin. Que cette œuvre de Dieu nous parle chaque
fois que nous en avons particulièrement besoin...
Et aujourd’hui nous en avons un grand besoin
car on nous montre à travers les médias une image de
la création où la violence, la haine, la barbarie,
semblent s’imposer. Je pense qu’il existe une autre
image de cette création - c’est ce que j’essaye
de voir dans l’arc-en-ciel - une création qui nous
parle de beauté, de poésie, une création qui
dit que là où l’amour et la paix habitent, la
vie des hommes devient plus belle, plus joyeuse.
Est-ce une utopie ? Pour se masquer
l’insupportable qui nous parle sans cesse de mort ? Mais
la parole de Dieu n’est-elle pas "parole de vie" ?
Et qu’est-ce qui fait la base des deux grands
commandements qui ouvrent à la vie ? C’est
l’amour. Dans l’évangile de Marc, Jésus
nous dit : "Tu aimeras le seigneur ton dieu de tout ton coeur,
de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta
force ; Et tu aimeras ton prochain comme toi-même. "
Non, ce n’est pas une utopie de croire en un
monde meilleur, transfiguré par l’amour, ici et
maintenant. Pour moi, c’est une question de foi et cela passe
aussi à travers l’image de l’arc-en-ciel. Foi en
ce Dieu, le grand artiste, le grand créateur qui
lui-même, dès les origines, après son travail
de création, " constata que tout ce qu ’il avait fait,
était une très bonne chose ". Dieu nous a
créés pour la beauté, pour l’amour, pour
la vie.
Mais il sait aussi que les couleurs de notre vie ne
sont pas toutes identiques. Comme l’arc-en-ciel qui est une
décomposition de la lumière blanche en sept
couleurs-lumière, notre vie est faite : De couleurs
sombres : deuil, tristesse, souffrance, violence... De
couleurs vives : amour, passion, joie... De couleurs
pastels : tendresse, paix, douceur... Vous pouvez
vous-même retrouver en vous les couleurs de votre vie.
Mais la foi, c’est de croire que toutes ces
couleurs se réunissent pour donner ensemble cette
couleur-lumière qui resplendit au moment de la
transfiguration de Jésus. L’évangile de Marc
nous dit : "son visage se mit à briller comme le soleil
et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière
".
Cela nous interpelle, car cette
lumière-là, c’est le Christ lui-même.
Dans l’évangile de Jean, Jésus dit : "c
’est moi qui suis la lumière du monde ; celui qui
me suit ne marchera jamais dans les ténèbres, mais il
aura la lumière de la vie." Se tourner vers cette
lumière, c’est se mettre en mouvement, lui apporter
toutes les couleurs de notre vie pour les déposer dans sa
lumière... c’est recevoir cette flamme
intérieure de l’Esprit qui fait de nous des vivants...
c’est porter cette lumière dans nos relations les uns
avec les autres, quels qu’ils soient... car se mettre en
relation avec l’autre, c’est voir en lui cette trace de
lumière qui vient de Dieu, même cachée,
même étouffée.
C’est tout un chemin de vie, un chemin
d’amour, depuis l’arc-en-ciel, signe d’alliance
et de bénédiction, jusqu’au Christ,
lumière de la vie. Sur ce chemin, Jésus nous
accompagne et fait de nous des vivants en marche, porteurs des
couleurs de la vie. Pourtant, si notre coeur est habité par
cet arc-en-ciel de vie et d’amour, c’est pour rayonner,
car nous ne pouvons enfermer Dieu en nous.
Comme la lumière, Dieu est
imprévisible. Il est là où on ne
l’attend pas ; et là où on l’attend,
il vient, car il ne déçoit jamais. Mais, très
souvent, nous ne savons pas le voir et nous disons qu’il est
absent. Car Dieu ne rentre pas dans nos schémas. Il ne se
laisse jamais ni enfermer, ni cerner, ni saisir... Il est à
la fois proche et Autre... et cette mystérieuse
liberté ouvre nos vies à la grâce et à
l’inattendu.
Aujourd’hui, ici et maintenant, Dieu est
présent. Il est venu à notre invitation, Il nous
donne sa lumière et met dans nos coeurs l’amour et la
joie... Sachons le voir et le rencontrer.
Pasteur Laza Nomenjanahary EELF - Paris
http://www.defap.fr/article.php?id_article=438 |