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POC, mégachurch à l'alsacienne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Seuls, en couple, en famille, les fidèles affluent. Plus d’un millier, comme chaque semaine. Tous les mardis soir, la Porte ouverte chrétienne (Poc) de Mulhouse tient sa réunion de prière. Le lieu, d’abord. Il crée une vraie surprise. A Bourztwiller, un quartier où vit une population d’émigrés, un ancien supermarché a été transformé en lieu de culte. Une immense croix a été posée sur le bâtiment, sorte de cube comme on en voit beaucoup dans les zones commerciales, à l’entrée des villes. Devant, un vaste parking. Il n’est pas rare que les fidèles de la Poc viennent de loin.

La réunion de prière commence par un long moment de louange, mené par Samuel Peterschmitt, le fils du fondateur. En costume et cravate, armé d’un micro, il arpente la scène-estrade, occupée par un groupe de choristes et un orchestre. « Samy », comme on l’appelle familièrement, a un don indéniable d’animateur. Il entonne quelques vieux gospels, établit une complicité avec l’assemblée, lance des boutades, raconte une ou deux anecdotes intimes. Très vite, la salle, résolument pentecôtiste, s’enthousiasme, se met à parler en langues. Puis les Peterschmitt, père et fils, révèlent des « paroles de connaissances » – dans les mouvements pentecôtistes, il s’agit de visions privées réputées inspirées par Dieu et rendues publiques – qui annoncent promesses de guérison ou de bénédiction à des personnes présentes dans l’assistance.

Une bible électronique

Créée dans les années 80 par Jean Peterschmitt, « papa Jean » comme le surnomment ses fans, mennonite d’origine, la Poc a pris son véritable essor il y a une dizaine d’années. Suspectée de dérives, elle s’est retrouvée très vite au centre d’une vigoureuse polémique. « Le succès de la Poc repose sur le charisme de guérison de Jean Peterschmitt et le talent d’organisateur de son fils, Samuel. », estime John Tressel, un baptiste américain installé à Mulhouse.

Président de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes (FEEB), membre de la Fédération protestante, Daniel L’Hermenault fréquente lui-même la Poc et connaît bien ses dirigeants. « Le Seigneur est bon. C’est cela la théologie de Jean Peterschmitt. Il a un vrai don de guérison et je ne doute pas de sa sincérité, ni de celle de son fils ».

La Poc, une Mega Church à la française ? Par la taille, certainement. A ses cultes et réunions de prière, elle draine, selon des estimations fiables, entre 1 200 et 1 500 personnes, issues principalement de milieu catholique. Petit à petit, la Poc a créé un certain nombre de services annexes. Moindre certainement que dans les Mega Churches américaines, mais tout de même…

Dans un petit local attenant à la salle de culte, une « librairie chrétienne » propose ouvrages de piété, cassettes vidéo ou audio de prédicateurs… La Poc dispose aussi d’une petite régie de télévision. Les cultes et les réunions de prière sont filmés. Par la suite, des cassettes seront éditées. Classiquement, elle propose aussi des permanences sociales, un vestiaire… Plus surprenant, il existe aussi à la Poc une association sportive, avec équipe de foot à la clé !

Manifestement, la Poc vit grâce à l’implication de nombreux bénévoles. Sur les murs de la vaste salle de prière qui contient 1 900 places, on voit des plannings de service. Pour le ménage, pour le parking… Il n’y a que les cinq pasteurs, selon Samuel Peterschmitt, et une secrétaire à être rémunérés. « Mon salaire est de 1 300 euros par mois », affirme ce dernier qui s’est vu confier par son père, il y a quelques années, les rênes. « La Poc vit des offrandes de ses fidèles. » Quelques troncs sont disposés discrètement près de la porte d’entrée. L’un d’eux est destiné à recueillir des fonds pour un projet d’agrandissement des bâtiments. Au-dessus, sur le mur, sont affichés les plans de l’architecte.

« Ce que fait la Porte ouverte, peu d’Eglises en France pourraient le faire », reconnaît John Tressel. Comme chaque année, en octobre, elle a accueilli la pastorale d’automne des pasteurs et responsables évangéliques. Entre trois et quatre cents personnes, au bas mot, venues de toute la France. Au printemps prochain, elles se retrouveront à nouveau à Grenoble pour leurs journées de formation. Ces deux sessions sont organisées chaque année par l’Association spirituelle et fraternelle (ASF) qui regroupe, en France, les Eglises évangéliques de la mouvance charismatique et pentecôtiste. Tout autour de la salle de culte, des stands divers et variés sont installés à cette occasion : des petits éditeurs de livres ou de cassettes, le Comité protestant pour la défense de la dignité humaine (CPDH), qui s’est fait connaître pour ses positions anti-avortement, les promoteurs d’une ambassade chrétienne à Jérusalem, des « chrétiens sionistes », comme ils se présentent eux-mêmes. « Les rassemblements de l’ASF sont l’occasion de nous retrouver, de nouer des contacts », reconnaît Florent Rochat, responsable du CPDH. Un peu à la manière des assises de la Fédération protestante. Mais version pentecôtiste et deux fois par an.

Cette année, l’invité vedette est Ted Haggard, l’un des principaux leaders évangéliques américains, fondateur d’une Mega Church dans le Colorado et président, depuis 2003, de l’Association nationale des évangéliques (NAE) qui regroupe une cinquantaine d’Eglises aux Etats-Unis (1). Au premier rang de l’assistance, il relit studieusement ses notes. Avant que celui-ci n’intervienne, « Samy », en bon animateur, a chauffé la salle. D’abord, il a demandé à Kobia, une jeune intellectuelle algérienne convertie au christianisme, de venir témoigner sur scène. Car la Poc soutient des missions d’évangélisation en Kabylie. Des pasteurs qui œuvrent là-bas sont présents dans la salle. Samuel Peterschmitt les fait applaudir vigoureusement. Puis il appelle sur la scène-estrade celui qu’il présente « comme un juif américain qui a rencontré Jésus ». Portant barbe et d’une corpulence honorable, celui-ci est revêtu d’une kippa et du thalit, le châle de prière des juifs. Il les enlève avant de monter sur scène. D’un geste discret à la régie, il fait lancer une bande-son et chante un hymne. En play-back ? Difficile de savoir.

Puis c’est au tour de Ted Haggard. Le matin même, il a longuement raconté son parcours aux pasteurs et responsables. Au cours de la réunion publique de prière, il assure la prédication. Résolument moderne, il a remisé au placard sa bonne vieille bible. Pour retrouver les versets bibliques dont il a besoin pour illustrer son propos, Ted Haggard sort de sa poche une bible sur support électronique. La salle est bourrée à craquer. Au moins deux mille personnes, beaucoup issues de milieux populaires. Sur scène, le leader américain développe une long discours politico-religieux, chantre du libre-échange, créateur de prospérité, selon lui, prophète du « clash des civilisations », apôtre de la lutte contre les régimes totalitaires, notamment musulmans… La salle écoute sagement. Quelques-uns désertent ; de plus en plus nombreux tandis que l’heure avance. Parmi les pasteurs évangéliques réunis à Mulhouse, les propos de Ted Haggard ne font pas l’unanimité et ils l’expriment. Sans animosité, en privé…

(1). Réforme publiera la semaine prochaine une interview exclusive de Ted Haggard. Le leader évangélique y développe son approche politico-religieuse.

Les « limites » du protestantisme

Qu’en est-il aujourd’hui de la polémique suscitée par la Poc ? Une association de victimes, l’Avipoc, est toujours active. Pour y voir clair, la Fédération protestante de France, à laquelle la communauté mulhousienne souhaitait adhérer, a commandé, elle, un rapport. Des dérives ? Philippe Levallois, responsable du service « Evolutions religieuses et nouvelles religiosités » à l’archevêché catholique de Strasbourg, estime qu’il y en a eu effectivement. C’est à lui, en effet, que se sont adressées les premières personnes qui ont mis en cause la communauté pentecôtiste. « C’était à l’époque où la Poc prenait son envol », ajoute-t-il. Au début des années 90, donc. « Des prêtres catholiques qui voyaient leurs ouailles partir se plaignaient. J’étais interpellé pour donner mon avis », explique-t-il. Toutefois, il demeure discret sur le nombre des plaintes et leur contenu précis. « Elles étaient d’ordre financier, affectif, fusionnel, mais il n’y avait rien qui relevait du pénal ». Aujourd’hui, il estime que les milieux évangéliques ont opéré, à la Poc, une régulation salutaire.

Un avis qui n’est pas unanimement partagé. A Mulhouse, les responsables de l’Eglise réformée d’Alsace et de Lorraine (ERAL) demeurent, eux, très circonspects et sont toujours opposés à une entrée de la Poc à la FPF. « Il y a plusieurs choses qui me dérangent, explique ainsi Michel Cordier, pasteur de la paroisse Saint-Étienne, en centre-ville. En premier lieu, c’est le côté religion-spectacle. Puis, il y a aussi ce recours en permanence aux signes. En fait, il faut attendre pour voir comment la Poc va évoluer. Va-t-elle constituer une véritable Eglise chrétienne ? Ou bien devenir un groupe dissident, à la manière des Mormons ? »

« Je ne me situe pas par rapport à la Poc mais par rapport à la Fédération protestante de France, plaide, pour sa part, Philippe Aubert, président du Consistoire de l’ERAL de Mulhouse. Je veux bien admettre une certaine souplesse. Mais où place-t-on la limite de ce qui est protestant et de ce qui ne l’est pas ? Je pense que cela pourrait être un débat interne au protestantisme français. »

Bernadette SAUVAGET
Dossier - La « Porte ouverte » à Mulhouse
http://www.reforme.net/archive2/article.php?num=3099&ref=155
 
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Mouvement oecumenique, acquis du 20è siècle Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Le mouvement œcuménique par lequel les Eglises recherchent leur unité visible est né au début du XX° siècle. On en soulignera trois aspects :
la naissance, jusqu'à la création du Conseil œcuménique des Eglises
les acquis du XX° siècle
les défis pour l'avenir.

Les acquis du mouvement œcuménique au XX° siècle

Après l'enthousiasme suscité par l'entrée de l'Eglise catholique dans le mouvement oecuménique au Concile Vatican II (décret Unitatis redintegratio, en 1964), on a rapidement parlé de « stagnation ». D'abord parce que l'Eglise catholique renonça à entrer dans le Conseil oecuménique des Eglises, puis parce que les résultats des premiers dialogues, notamment sur l' eucharistie, n'aboutirent pas à l'unité visible que l'on pensait « à portée de main ». Sans oublier que le principal acquis d'un siècle d' oecuménisme est bien la « fraternité retrouvée » (Jean-Paul II) entre les baptisés, essayons de préciser les acquis et les limites dans les quatre courants qui ont porté le mouvement oecuménisme depuis le début du XX° siècle.

La mission
La question de l'évangélisation est sans doute le domaine où l'urgence de l'unité se fait le plus sentir. Des initiatives de terrain comme des « évangélisations de rue » dans la mouvance charismatique, des « expo-bible » ou des lectures continues de la Bible interconfessionnelles prolongeant les efforts de coopération pour des traductions oecuméniques, comme la TOB, se multiplient. De même, les aumôneries dans les hôpitaux ou des établissements scolaires. Cependant, les Eglises apparaissent souvent en concurrence, qu'il s'agisse des relations entre l'Eglise catholique et les pentecôtistes d'Amérique latine ou celles de l'Eglise catholique et de l'Eglise orthodoxe dans l'ex-union soviétique.
De très nombreux dialogues ont porté depuis quarante ans sur la question du prosélytisme, tant au niveau multilatéral que bilatéral. Ils manifestent la persistance de différences de conception sur ce qu'est un « chrétien », sur l'appartenance à l'Eglise et sur l'importance à accorder à la conversion au Christ et à l'engagement social avec les hommes de bonne volonté. Il est que, depuis le milieu des années 60, il existe deux séries concurrentes de congrès missionnaires :   celle du COE (dont la dernière conférence a eu lieu à Athènes en 2005)  et celle de la mouvance évangélique organisée par le Comité de Lausanne pour l'évangélisation du monde (mis en place à la suite du Congrès organisé par Billy Graham en 1974).
Service d'Église qui assure une présence chrétienne dans un ensemble.
L'Ancien et le Nouveau Testament, avant et depuis Jésus-Christ.
Réunion de l'ensemble des évêques.
Louange, action de grâce rendue à Dieu.
Qui est universel.
Mouvement visant à rassembler les Eglises chrétiennes.
Enseignement conforme à la doctrine contenue dans la révélation.
Concile oecuménique ouvert par le pape Jean XXIII qui réunit à Rome tous les évêques du monde
Christianisme pratique
La nécessité de l'engagement pour la Justice, la Paix et la sauvegarde de la Création, rappelée lors de la 6° assemblée du COE à Vancouver en 1983, a été au cœur des rassemblements œcuméniques qui ont suivi :
• en Europe (Bâle en 1989 et Sibiu en 2007)
• dans le monde (Séoul en 1990 et Porto Alegre en 2006) 
Depuis fort longtemps, cet engagement mobilise des chrétiens de toutes confessions sur le terrain au sein de nombreux réseaux interconfessionnels. Certains nés à la veille de la seconde Guerre mondiale comme le Comité intermouvements auprès des évacués (CIMADE) sur les questions de protection des réfugiés et migrants ; d'autres plus récents comme l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), ou le Réseau environnemental chrétien européen. Avec les problèmes de santé (VIH-Sida notamment) et le dialogue interreligieux, ces questions tiennent une large place dans les programmes du COE. Cependant de nouveaux clivages apparaissent sur les questions éthiques entre les confessions et au sein de chaque grande confession.

Dialogue théologique
Les dialogues d'experts mis en place à la fin des années 60 n'ont pas seulement permis une meilleure connaissance mutuelle des partenaires, comme entre l'Eglise catholique ou les membres du COE et les pentecôtistes.
Ils ont permis aussi une convergence de leur conception du baptême, de l' eucharistie et des ministères, grâce au travail mené sur ces trois éléments constitutifs de l'Eglise fondée par Jésus-Christ par la Commission Foi et Constitution du COE. En 1982, elle a présenté un important document connu sous le nom de BEM, qui a donné lieu à de nombreux échanges dans toutes les Eglises.

Mais l'apport le plus remarquable des dialogues théologique est sans doute d'avoir permis un « consensus différencié » sur des questions à l'origine de ruptures historiques, comme la Déclaration commune sur la justification signée par l'Eglise catholique et la Fédération luthérienne mondiale en 1999 auxquels s'est joint le Conseil Méthodiste mondial en 2006.
Il faudrait citer auparavant la Concorde de Leuenberg de 1973 par lesquelles luthériens, réformés et méthodistes européens se reconnaissent « en pleine communion de chaire et d'autel » et, dans le même sens, les déclarations christologiques communes signée entre l'Eglise catholique et les anciennes Eglises orientales. Par exemple celle signée 1994 par pape Jean-paul II et le Patriarche catholicos Mar Dinkha de l'Eglise Assyrienne de l'Orient, dont l'Eglise catholique a reconnu en 2001 la validité de l'anaphore d'Addai et Mari, prière eucharistique vénérable, dans laquelle ne se trouve pas formellement un « récit de l'institution ». 
Fait entrer le nouveau baptisé dans la communauté de l'Église.
Dialogue entre les chrétiens et les autres religions.
Louange, action de grâce rendue à Dieu.
Bienveillance de Dieu pour les hommes.
Service confié à un membre de l'Eglise.

Spiritualité
- la semaine de prière pour l'unité, rassemble depuis 100 ans des chrétiens du 18 au 25 janvier
la Journée de prière des femmes a été lancée en 1927. Son origine remonte à la fin du XIX° siècle. Chaque année, le premier vendredi du mois de mars, les chrétiens du monde entier sont invités à prier sur un thème préparé par un comité national.
- la Journée de la Création, entre le 1° septembre et le deuxième dimanche d'octobre, à l'initiative du patriarche Dimitrios de Constantinople en 1989
- la journée internationale de prière pour la Paix a lieu le 21 septembre, depuis 2004, à l'initiative du secrétaire général du COE en lien avec la résolution de l'ONU 
- le cycle annuel de prière proposé par le COE, et des recherches autour d'un martyrologe commun, idée lancée par le COE et le pape Jean-Paul II (n° 37 de la lettre apostolique tertio Millenio Adveniente en 1994), qui a été reprise par la communauté de Bose (Témoins de Dieu. Martyrologe universel. 365 jours pour prier avec les saints. Paris, Bayard, 2005)

Dans son Manuel d'œcuménisme spirituel (2007), le cardinal Kasper a recensé les lieux où les chrétiens pourraient aller plus loin dans leur coopération. Il s'agit de développer « l'échange de dons » entre les Eglises, selon une image chère à Jean-Paul II (encyclique Ut unum sint n° 28, 35, 56-57 et 87), indissociable de la « conversion des Eglises », à laquelle invitait le groupe des Dombes dans un important ouvrage publié en 1991.
Mais le baptême ne fait pas encore l'objet d'une reconnaissance mutuelle entre toutes les Eglises, qui articulent différemment la profession de foi personnelle, le rite, et l'insertion dans la communauté du néophyte. Des progrès semblent toutefois se dessiner, comme le montre le document entre la Communion d'Eglises protestantes d'Europe et la Fédération baptiste européenne : « le début de la vie chrétienne et la nature de l'Eglise » (2004).
L'hospitalité eucharistique, pour laquelle l'Eglise catholique et surtout les Eglises orientales ont une discipline beaucoup plus restrictives que les Eglises issues de la Réforme du XVI° siècle, demeure un facteur de crispation des relations locales.
La question d'une date commune de Pâques n'est toujours pas résolue. 

Depuis une dizaine d'années, la possibilité même pour les chrétiens de prier ensemble a fait l'objet de débats dans le cadre du COE (cf. le document « So we believe, so we pray : Towards koinonia in worship» de 1994) notamment à l'initiative des Eglises orthodoxes qui avaient émis des réserves sur certaines formes de célébration commune.

http://www.eglise.catholique.frl

 
Semaine de l'Unite : Calvin et St Thomas Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Calvin

Image un peu brouillée de Calvin :

- dans la culture actuelle, slogans rapidement lancés par Max Weber : L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme (publiés en 1904 et en 1905). La théorie de la prédestination chez Calvin serait à l'origine du capitalisme moderne. Chaunu interprète aussi Calvin à l'intérieur de sa théorie globale du monde plein, de temps à autre il faut que le monde se brise pour ne pas étouffer…

- à Dijon, juste à côté du Temple, il y a une rue Michel Servet ! Image de Genève sinistre, mise au pas par Calvin, qui n'a rien à envier à l'inquisition catholique. Quel intérêt de devenir calviniste si c'est pour y retrouver ce qu'il y a de pire dans le catholicisme ?

- du point de vue de la théologie catholique des ministères, les intégristes reprochent à Vatican II d'avoir repris la doctrine calviniste des trois "fonctions" du Christ (prêtre, prophète, roi). En fait, à Genève, Calvin a mis en œuvre une ecclésiologie originale, avec les quatre pôles (pasteurs, docteurs, anciens, diacres). Luther s'est très peu intéressé à l'organisation de l'Eglise, pour se concentrer sur la doctrine du salut. On peut du coup retrouver dans le luthéranisme des formes institutionnelles proches du catholicisme. Calvin donne une figure institutionnelle très forte à la Réforme, à la fois par rapport au catholicisme et par rapport au pouvoir politique. A la différence de Luther, il ne s'en remet pas au magistrat pour organiser l'Eglise. Calvin est la deuxième génération de la Réforme, on passe de la sotériologie à l'ecclésiologie, on va donc droit au choc frontal de Trente, Eglise contre Eglise, vraie Eglise contre fausse Eglise.

Pour clarifier de mon point de vue catholique l'image de Calvin, je propose de le comparer avec Saint Thomas, comparaison qui réserve quelques surprises.

- A. Lien entre expérience intérieure et expression institutionnelle.

en commun, avoir fait bifurquer leur trajectoire, en particulier par rapport à l'héritage familial. Ils ont ressenti une exigence intérieure qui ne correspondait pas immédiatement avec ce que leur milieu religieux rendait possible. Besoin irrépressible de "nouveauté", de ne pas simplement accomplir une trajectoire prédéterminée

- entrée de Thomas chez les dominicains en

- "conversion" de Calvin en .

Différence :

* Thomas a pu trouver à l'intérieur de l'Eglise catholique cette nouveauté dont il avait besoin, la toute récente fondation des dominicains lui a permis de faire aboutir son inquiétude religieuse. La vie bénédictine ne permet pas de répondre à ses interrogations (il demande toujours "quid sit Deus"), mais il ressent une harmonie entre son inquiétude et le mode de vie dominicain, en particulier par son recentrage sur la pauvreté (ordre mendiant).

* Calvin a ressenti que son inquiétude le conduisait au point de séparation entre l'Eglise catholique et l'Evangile. Conviction progressive que l'Eglise catholique ne peut plus être réformée de l'intérieur, parce que la "papisterie" a remplacé l'Evangile par des inventions purement humaines. Mais il faut tracer la route non seulement contre ce remplacement de l'Evangile par la papisterie, mais contre la tendance des anabaptistes à remplacer l'Evangile par l'expérience subjective.

- B. Primat de l'Ecriture et de son intelligibilité, de sa "vérité"

Thomas et Calvin sont tous les deux des commentateurs acharnée, infatigables de l'Ecriture. Le gros de leurs travaux sont constitués par leurs commentaires scripturaires, il faut mettre cela en relief avant de comparer leurs œuvres proprement systématiques. Les Ecritures sont au centre de leur vie, à la fois intérieurement et institutionnellement. Ils sont en recherche de l'intelligibilité des Ecritures : leur autorité ne leur vient pas d'abord de ce qu'elles sont garanties extérieurement par une institution, mais de ce qu'elles sont intelligibles, elles s'adressent à la liberté, à la conscience du croyant.

Il faut donc mettre en forme de deux façon cette intelligibilité : par les commentaires cursifs d'une part, qui suivent le texte verset par verset; par les Somme systématiques, qui organisent les sources scripturaires en suivant un ordre logique.

Différences :
a) le lieu de la prédication : l'université et la cité

Thomas est d'abord un universitaire, qui commente les Ecritures à l'intérieur de l'université, avec le souci d'harmoniser les Ecritures avec les questions de son époque, questions sur l'origine du monde, la liberté humaine, l'organisation de la société. Thomas prêche aussi, mais toujours à l'intérieur de l'enceinte universitaire. Au moyen âge cette enceinte n'a rien d'aseptisé et de calme, il y a des conflits violents sur la relation foi/savoir et la question de la liberté. C'est aussi le moment où l'Europe se construit à travers le réseau d'universités qui contribuera plus tard aussi à l'expansion de la Réforme protestante.

Calvin est un prédicateur, qui commente à une époque où le commentaire a immédiatement une signification politique et pas seulement religieuse. La prédication de Calvin a pour horizon la construction à Genève d'une Eglise que Calvin considère comme choisie par Dieu, prédestinée pour redonner à l'Evangile toute la force initiale de sa vérité originaire. Il s'agit de transformer Genève en cité apte à permettre à l'Evangile de déployer toute cette force initiale. Calvin ne se considère pas comme un homme politique, il respecte l'autonomie politique de la cité de Genève, mais il est conscient de l'impact politique de sa prédication. C'est dans la cité et pas seulement dans l'université qu'il prêche. Il faut donc transformer la prédication en action et pas seulement en enseignement

b) la méthode de la prédication : pluralité des sens et méthode dialectique

* Thomas explore l'intellibilité des Ecritures en déployant une diversité des sens. Il se rattache consciemment à la méthode juive et patristique des quatre sens. Pas de sens unique, mais toujours au moins quatre sens possibles, littéral, allégorique, moral, eschatologique. L'interprétation thomiste est toujours dans le pluriel, la richesse des Ecritures vient de cette résonance.

* Calvin cherche toujours à fixer le sens. Cette nécessité de fixer LE sens vient du double combat déjà mentionné : il faut arracher les Ecritures à la fois aux rajouts papistes et aux rêveries anabaptistes. D'où l'importance de la méthode dialectique pour fixer le sens. La méthode dialectique maximalise les oppositions, dans la ligne ouverte par saint Paul : là où le péché a abondé, la grâce surabonde, là où la justice de Dieu exige l'anéantissement du pécheur, sa miséricorde justifie, la gloire du Christ est l'humiliation suprême de la croix,… Calvin interprète toutes les Ecritures à partir de cette loi dialectique, qui n'est pas une manière parmi d'autres de les comprendre, mais la méthode absolue, celle qui permet de déterminer le sens central qui commande tous les autres.

-C. Nécessité d'une mise en forme systématique des Ecritures : la Somme de théologie et l'Institution de la religion chrétienne.

a) nécessité d'un nouvel instrument pour penser et transmettre la foi

Thomas et Calvin sont conscients de l'insuffisance, de l'inadéquation des instruments pédagogiques disponibles à leur époque, et se lancent tous deux dans des entreprises originales.

- la Somme de théologie cherche à donner aux étudiants une construction théologique récapitulant organiquement l'ensemble des questions à la fois rationnelles et théologiques. Ne plus simplement suivre l'ordre des récits scripturaires ou des disputes qui viennent un peu n'importe comment, mais confronter systématiquement les questions issues de la raison et les données transmises par la Révélation. C'est la grande œuvre de toute la vie de saint Thomas, qu'il construit patiemment année après année.

- l'Institution de la religion chrétienne est elle aussi une Somme, c'est même la première écrite à la fois en français et en latin. Son titre exact "… Summa pietatis"

Il faut donner tout son sens au terme 'institution' : promotion, restitution, constitution. Il faut organiser pas seulement une première approche catéchétique, mais donner une construction dogmatique parfaitement cohérente, qui permette de libérer l'Ecriture de sa double récupération catholique et anabaptiste.

a) sortir de la patristique

Thomas et Calvin sont profondément occidentaux dans leur manière de se situer face à la fin de la patristique. Ils vont jusqu'au bout l'un et l'autre d'un clivage entre Orient et Occident.

Cf. image du poumon chez JP II ("on ne peut pas respirer en chrétien, je dirai plus, en catholique, avec un seul poumon; il faut avoir deux poumons, c'est-à-dire oriental et occidental." Discours aux représentants des autres confessions chrétiennes, Paris, Samedi, 31 mai 1980). Non seulement il y a dissociation entre poumon oriental et occidental, mais blessure du poumon occidental. L'Orient continue sur la lancée des Pères, l'Occident se situe face aux Pères.

Thomas a conscience que la période patristique est finie, que les Pères sont désormais une source à intégrer, une autorité à interpréter. Une nouvelle étape commence, qui se pose elle-même comme "scolastique", comme exigence de méthode et pas seulement de prédication pastorale ou de traités ponctuels.

Calvin achève cette sortie hors de la patristique, mais il concentre cette sortie en donnant une place décisive à saint Augustin. Dans l'Institution, les Pères sont cités un peu moins que l'Ecriture (rapport 60% / 40%), mais là où Thomas cherche à relativiser les Pères, à les interpréter les uns par les autres, Calvin concentre tout sur Augustin, fil conducteur, sorte de "canon dans le canon" : de même que l'épitre aux Romains était chez Luther le texte critère pour toutes les Ecritures, avec du coup réduction de Romains à la justification par la foi, de même chez Calvin, il y a compréhension des Pères à partir d'Augustin, avec réduction d'Augustin à la prédestination.

Différences :

a) inachèvement et fixation

- la Somme de théologie reste un projet définitivement inachevé. Thomas n'a pas pu terminer sa construction, pour des raisons qui restent mystérieuses. On est face à une décision difficile à interpréter : expérience mystique, effondrement nerveux après l'effort soutenu, ou plus radicalement contradiction du projet lui-même ? (contradiction interne : impossibilité de récapituler totalement la foi, et Thomas est trop loyal pour ne pas ressentir cette contradiction; contradiction externe : entre ses intuitions profondes et les constructions de son époque, Thomas ressent progressivement un conflit allant jusqu'à la rupture)

- L'Institution a été sans cesse reprise, augmentée, mais sa réalisation, aux yeux de Calvin, semble fixée une fois pour toutes dès son premier jet : il insiste sur le fait qu'il n'a jamais varié sur aucun point dès la première édition.

b) circularité de la Somme, fixité de l'Institution

La Somme s'ordonne pacifiquement sur le schéma du retour à Dieu : ce qui vient de Dieu revient à Dieu. On peut s'interroger sur le fait que ce schéma n'a pas pu aller jusqu'au bout puisque Thomas interrompt la Somme.

Pour l'Institution, c'est d'abord le schéma du point fixe, ou de la ligne droite qui prédomine. Il faut sortir du balancement, de l'incertitude qui fait errer de part et d'autre, des vagabondages de l'humanisme dont Erasme est pour Calvin le représentant (Erasme n'arrête pas de multiplier les approches, les points de vue chatoyants). Il faut se fixer une fois pour toutes sur l'Ecriture, qui est le chemin droit conduisant directement à Dieu, sans détour. La vraie liberté, c'est de pouvoir se fixer enfin dans la rectitude absolue de l'Ecriture.

D. La doctrine de la prédestination.

La systématicité de la Somme de théologie et de l'Institution de la Religion chrétienne permettent de reposer la question de la prédestination. Les deux œuvres montrent comment la prédestination est moins un point en soi qu'un concentré surdéterminé par un ensemble de points fondamentaux viennent trouver leur cohérence sur cette doctrine. En particulier leur totale dépendance d'Augustin sur ce point.

a) Somme de théologie :

même s'il s'attache habituellement à remettre en perspective Augustin, sur la prédestination Thomas le reprend sans recul, en le durcissant même parce qu'il le reprend à l'intérieur de sa catégorie fondamentale nature/grâce. Le Royaume de Dieu n'est pas une fin naturelle de l'homme, il ne lui est pas dû, mais il est totalement gratuit. En n'accordant pas cette fin surnaturelle, Dieu ne blesse donc pas l'homme, d'autant que l'homme, par son péché, s'est rendu incapable de recevoir cette fin gratuite. La prédestination normale est donc la privation du Royaume, et c'est une double grâce que le Royaume : grâce par rapport à la nature, grâce par rapport à la faute. Il n'y a pas au sens strict double prédestination selon Thomas : il y a une prédestination à la damnation, et Dieu arrache quelques uns à cette damnation pour montrer que sa justice est aussi miséricorde. Mais Thomas anticipe la position de Calvin sur le nombre déjà fixé des prédestinés.

b) Institution de la religion chrétienne :

- la prédestination va avec la doctrine de la double inspiration des Ecritures : inspiration objective des écrivains, inspiration subjective du croyant qui reconnaît l'autorité des Ecritures. Pas besoin de l'autorité de l'Eglise pour garantir l'autorité des Ecritures : c'est un signe subjectif de prédestination, d'élection que d'être capable de reconnaître l'autorité objective des Ecritures.

Il faut donc les deux, contre les catholiques et les anabaptistes :

-contre les catholiques : l'autorité des Ecritures leur vient d'elles-mêmes, et non d'une institution extérieure qui les interpréterait infailliblement.

- contre les anabaptistes : ne pas reconnaître l'autorité des Ecritures et mettre à la place sa petite expérience subjective, c'est signe de non-élection, de non-prédestination.

Corrélation entre prédestination et reconnaissance des Ecritures : ni objectivisme catholique, ni subjectivisme anabaptiste. Il faut se fixer sur les Ecritures.

- Genève est prédestinée, elle a un rôle à jouer parce que l'Eglise de Genève a été élue.

Conclusion :

- La comparaison entre St Thomas et Calvin fait ressortir deux aspects :

- sur beaucoup de points, ils sont encore dans le même monde par rapport à nous. Ils ont la même attitude par rapport à l'hérésie, le danger représenté par l'hérétique pour la communauté doit l'emporter sur la miséricorde envers les personnes. Sur la prédestination, ils sont sur la même longueur d'onde.

- Calvin est dans notre monde, avec l'humanisme qui met l'inquiétude de l'homme au centre. Chez Thomas, la théorie de la prédestination n'a soulevé aucune polémique, alors que chez Calvin ce point a dès le début posé un problème, parce qu'il renvoie à une inquiétude qui marque notre vie religieuse. Nous ne supportons plus l'idée d'être déjà intégré à un ordre fixé. D'où le paradoxe de Calvin : il a voulu sortir de l'angoisse existentielle de l'incertitude, et en cela il est très proche de nous, de notre volonté de comprendre notre vie spirituelle et ecclésiale en fonction de ce critère. La radicalité de sa réponse (double prédestination) permet de poser complètement cette question, au moment même où cette réponse s'est transformée pour nous en nouvelle angoisse (à quoi est bon si je suis sauvé de mon côté si l'humanité est en tant que telle perdue ?). Calvin sort d'une angoisse pour nous en plonger dans une autre….

Isabelle Pierron, Pasteur de l'ERF Dijon

09 01 25 - Fontaine d'Ouche , Dijon

 
Federation Protestante de France: Appel pour Madagascar Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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La Fédération protestante de France (FPF) partage avec l’Église protestante malgache en France (FPMA), membre de la FPF, son inquiétude au sujet de la grave crise que traverse Madagascar depuis deux semaines.

Communiqué de la FPF — 12 février 2009

La Fédération protestante de France (FPF) partage avec l’Église protestante malgache en France (FPMA), membre de la FPF, son inquiétude au sujet de la grave crise que traverse Madagascar depuis deux semaines. Ensemble, elles partagent la douleur des familles endeuillées et la souffrance des victimes.
La FPF et la FPMA (qui entretient des relations privilégiées avec les Églises chrétiennes de Madagascar) expriment leur solidarité avec la population de Madagascar.
La FPF et la FPMA encouragent tous ceux, et en particulier les chrétiens malgaches, qui s’engagent pour la réconciliation nationale et la justice sociale à Madagascar.

Fédération protestante de France

L’Église protestante malgache en France (sigle FPMA de son appellation en langue malgache: Fiangonana Protestanta Malagasy aty Andafy) est membre de la Fédération protestante de France depuis 2007. Cette Église, née de l’immigration malgache en France et comptant 9000 membres, fête cette année son cinquantenaire.


Contact presse : Muriel Menanteau
Service information communication Fédération protestante de France
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Tél. : 01 44 53 47 13 et 06 73 39 55 98
www.protestants.org

 
FFKM Frantsa : Hafatra Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
pasitera   

Paris, 6 febroary 2009

Ry Kristiana havana,

Ry Malagasy mpiray tanindrazana,

Ho aminareo mandrakariva anie ny fahasoavan’ny Tompo.

Mandalo fotoan-tsarotra ny firenentsika amin’izao fotoana izao. Misy ny tsy fitovian-kevitra eo amin’ny fitondrana ny raharaham-pirenena, izay mahatonga romoromo eo amin’ny samy mpiara-monina.
Atahorana ny mpananararaotra sy ny mpanakorontana, tsy fantatra izay zavatra mbola hitranga, hany ka mitebiteby ny isan-tokantrano sy ny isam-batan’olona ny amin’izay ho ampitso.

Eo anatrehan’ny zava-mitranga dia mampatsiahy ny herin’ny vavaka izahay ray-aman-dreny am-panahy ato amin’ny FFKMFrantsa.
Ny vavaka no andresena ny tahotra sy ahafahana mandroso amin’ny fihavanana marina amin’Andriamanitra sy amin’ny olona.
Hoy ny Apostoly Paoly : Aza manahy na inona na inona fa ambarao amin’Andriamanitra isaky izay mivavaka izay zavatra ilainareo, ary angataho amin’ny fo feno fankasitrahana (DIEM, Filipianina 4.6).
Hafarany koa fa adidintsika Kristiana ny mitondra amim-bavaka ny mpitondra Fanjakana rehetra : Mivavaha ho an’ireo filoham-pirenena sy ny manampahefana rehetra,
mba hiainantsika miadana sy mandry feizay omban’ny firaiketam-po tanteraka amin’Andriamanitra sy ny fitondrantena maotina. Izany no tsara sady ankasitrahan’Andriamanitra » (DIEM, I Timoty 2.2-3).

Koa manainga sy mamporisika ny fiangonana sy ny ny Kristiana malagasy rehetra ny FFKM-Frantsa mba hitondra amim-bavaka ny firenentsika, na ny mpitondra izany na ny vahoaka entina.
Amin’ny fanompoam-pivavahana any am-piangonana amin’ny alahady izao, sy amin’ireo alahady ho avy, dia aoka hotsaroana manokana ny firenentsika :
amin’ny alalan’ny fanaovana ranombavaka, ny hira fangataham-pitahiana ho azy, na koa amin’ny vavaka mangina. Azo atao koa izany any amin’ny tokantranontsika tsirairay avy.
Fa mahery fiasa tokoa ny fivavaky ny marina (DIEM, Jakoba 5.16)

Manonona ny fiadanan’ny Tompo mba ho aminareo tsirairay avy.

Ny ray aman-dreny am-panahy telo mirahalahy mitondra ny FFKM-Frantsa

Rev Jean Ravalitera
Rev Philippe Toutain
Père Alphonse Zafimahakoko

Ny tonia

Nicolas Razafindratsima

 
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