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Vaovao
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calvin2009.fr
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Jean Calvin est né le 10 juillet 1509 à Noyon, dans le Nord de la France (environ 100 km au nord de Paris), sous le nom de Jean Cauvin. Son père y était notaire du chapitre de la cathédrale, un laïc au milieu du clergé, investi d’une fonction importante. Dès l’âge de 12 ans, Jean Calvin reçoit sa première prébende, une partie du bénéfice d’une charge de curé (la Chapelle de la Gésine.) Jusqu’en 1523, Calvin fréquente l’école de son village natal. À 14 ans, ses parents l’envoient à Paris, au Collège de la Marche, un internat célèbre dirigé par un professeur de latin, Mathurin Cordier. Cordier est célèbre comme fondateur d’une nouvelle pédagogie. Bien qu’il ait enseigné le latin pendant très peu de temps à Calvin, Calvin l’admire toute sa vie durant : plus tard, Cordier est même nommé directeur et organisateur du système scolaire à Genève et Lausanne. |
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Tohiny...
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pasitera
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«Nous sommes à la fois plus proches et plus
éloignés que nous le croyons. » C'est avec ce
constat en demi-teinte qu'Henri Blocher, ancien professeur
à la Faculté libre de théologie
évangélique de Vaux-sur-Seine, a ouvert jeudi dernier
le débat avec Mgr Gérard Daucourt,
évêque de Nanterre. Un échange cordial, et
même amical, qui les a réunis devant
130 participants à Montreuil (Seine-Saint-Denis),
à l'occasion des dix ans du groupe « Conversations
évangéliques-catholiques » (lire La Croix du
25 septembre).
Parmi les points de convergence cités par le
théologien évangélique, la confession de foi
commune, les positions éthiques, mais aussi « la
similitude des problèmes à gérer au jour le
jour ». Au rang des difficultés persistantes, Henri
Blocher a évoqué « les vieilles controverses
pas vraiment périmées » sur le rôle de la
Tradition, la médiation de l'Église et le «
culte marial », où les positions catholiques et
évangéliques demeurent « très peu
compatibles ».
En miroir de cette intervention, Mgr Daucourt a
évoqué la « perplexité »
catholique devant la diversité des communautés
évangéliques, « qui nous apparaissent
repliées sur elles-mêmes, avec le risque
d'apparaître comme des cocons ou comme des sectes ».
Sur ce point, l'évêque s'est voulu très clair
: « Les comportements sectaires, il y en a chez les
évangéliques, j'en vois, a-t-il
déclaré, mais il y en a aussi chez les catholiques !
» Parmi les divergences, il a rappelé les
difficultés des catholiques devant une lecture plus
fondamentaliste, individualiste et affective de la Bible, ainsi que
les questions soulevées par le prosélytisme
évangélique.
Qu'est-il raisonnable d'attendre d'un tel dialogue ? «
La guérison des malentendus, une possibilité de
coopération dans le travail de diffusion biblique », a
plaidé Henri Blocher, appelant également à une
« cobelligérance en matière éthique
». Parmi les apports du catholicisme, il a cité
notamment « le sens de l'Église au singulier »,
soulignant aussi la « prise de responsabilité des
catholiques à l'égard de la culture environnante
». Et de pointer la déficience des milieux
évangéliques dans le domaine de la vie des
idées et de la recherche artistique.
L'évêque de Nanterre a, quant à lui,
souhaité que les catholiques entendent certaines insistances
évangéliques : « La nécessité
d'une foi personnelle et vivante, l'urgence de
l'évangélisation, l'importance d'une action
sociale à tous les niveaux, l'attente du retour imminent du
Christ en personne. » « C'est vécu avec une
telle intensité de votre côté ! Vous pouvez
m'aider », a lancé Mgr Daucourt.
MAUROT Elodie
http://www.la-croix.com du 30 sept. 2008 |
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pasitera
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Visite du
pape
Un peu…
d’indulgence !
Pour mes premiers pas dans
« l’œcuménisme
institutionnel », l’Eglise catholique m’a
offert un must : une visite papale. Largement de quoi
déconcerter le novice que je suis encore en la
matière. J’étais donc, es qualité (!),
présent aux vêpres à Notre-Dame, le lendemain
à la messe sur l’esplanade des Invalides et le
surlendemain à celle célébrée à
Lourdes. Gare à l’overdose !
Bon, finalement, je n’en suis pas
mort… J’ai même vécu quelques moments
intenses. Un superbe Motet de Bruckner magnifiquement
interprété lors des vêpres. Un temps de silence
profond à l’issue de l’homélie de
Benoît XVI aux Invalides, vrai instant de recueillement
profond et simple. Mais globalement, je dois bien l’avouer,
je n’ai guère été emballé. Par
nombre d’aspects, cette visite m’interroge et suscite
quelque réticence. Un protestant se sentirait-il donc
forcément étranger à ce genre de
manifestation ? L’attitude de ce pape toute empreinte de
réserve, de simplicité, voire même
d’humilité, ne serait pourtant a priori pas pour lui
déplaire. Sauf que Benoît XVI affectionne
décidément par trop un rituel d’un autre
temps…
Assurément, cette visite papale n’a
pas manqué d’allure et n’est pas passée
inaperçue, ce dont le catholicisme français ne pourra
que se féliciter, à juste titre.
N’empêche, difficile pour un protestant (même de
bonne volonté œcuménique) de se sentir vraiment
concerné par ce qu’il y a vu et entendu. Que retenir
au fond de ces quelques 80 heures ? La montagne aurait-elle
accouché d’une souris ? Ma déception est
à la mesure de l’attente
désespérée d’un geste ou d’une
parole d’encouragement pour l’œcuménisme.
Que je n’ai hélas pas perçu.
Etienne Vion
Responsable de l'oecuménisme
Féderation protestante de France
http://www.protestants.org
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Rado-Georges Andriamanantena Rado, L’illustre poète malgache nous a quittés
La nouvelle vient de tomber sur toutes les chaînes de radio et de télévision de la Grande Ile, Georges Andrimananatena sous le pseudonyme de Rado a rendu l’âme à 85 ans dans la nuit du 15 septembre 2008
Il est certes le poète le plus connu de Madagascar, chacun de ses œuvres reste gravé à jamais dans le cœur des Malgaches si nous ne citions que « Voninkazo Adaladala », "N'inon'inona" ou encore "Ry fahafahana". |
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LES FONCTIONS DE GOUVERNEMENT DANS L’ÉGLISE
APOSTOLIQUE
Les données concernant
l’emploi des titres, anciens, diacres, surveillants, sont
bien connues on visera surtout à renouveler l’approche
générale de ces données et à mettre en
évidence l’action et les services rendus dans
l’Église par des personnes dont le titre
n’apparaît pas.
Une des structures les plus
évidente des communautés de l’époque
apostolique est celle du collège des anciens.
- Ils apparaissent dans
l’Église de Jérusalem des le chapitre 11 du
livre des Actes (11.30).
- Ils sont mentionnés
systématiquement au côté des apôtres dans
le déroulement et les décisions du synode de
Jérusalem (Ac 15).
- Lors du premier voyage missionnaire,
Paul et Barnabas s’assurent de leur nomination dans chacune
des communautés qu’ils viennent de fonder (Ac
14.23).
- Tite reçoit une consigne
semblable lors de son envoi en mission en Crête (Tt 1.5).
- De passage près
d’Éphèse, Paul convoque les anciens de cette
ville pour leur recommander de prendre soin du troupeau
confié à leur charge (Ac 20.17).
- Dans sa première lettre à
Timothée, Paul les estime dignes d’un salaire (1Tm
5.19).
Le terme d’ancien n’est en
rien spécifique au Nouveau Testament, il renvoie à la
structure associative de l’époque, en particulier dans
la société juive. Les associations, à
caractère religieux ou non, sont gérées par
les membres les plus respectés en raison de leur âge
(anciens) et de leur notoriété. La nomination
d’anciens dans les communautés primitives correspond
donc à la volonté d’organiser ces
communautés selon une structure associative reconnue.
Paul recommande aux « anciens
» de l’Église d’Éphèse de
prendre garde à eux –mêmes et à tout le
troupeau sur lequel le Saint Esprit les établis «
évêques », c’est à dire
responsables, un terme, qui, à la différence d’
« ancien » évoque une fonction et non une
situation. On sent bien ici l’effort pour contrebalancer les
effets négatifs de la structure associative courante.
C’est un peu comme s’il disait aux responsables de la
communauté : vous n’êtes pas seulement des
notables (anciens), vous avez une fonction, un service à
rendre à la communauté. C’est aussi sous le
même terme d’ « évêque »
qu’il décrit pour Timothée et Tite les
qualifications requises des responsables qu’ils sont
chargés de mettre en place dans les communautés. La
préférence de Paul pour le terme fonctionnel montre
son intérêt pour la vie de l’Église, pour
son fonctionnement. La démarche inverse de ceux qui pensent
par l’emploi d’un titre reproduire la structure de
l’Église primitive.
Si le Nouveau Testament nous donne
certaines indications, souvent indirectes, sur les responsables de
la communauté locale, il nous donne davantage
d’informations sur les activités de collaborateurs de
l’apôtre Paul qui ne portent pas de titres
particuliers, mais dont l’action est déterminante pour
le développement des Églises, leurs cohésion
doctrinale, leur organisation, l’entraide
matérielle.
Ces hommes (et quelques femmes !), se
démarquent des responsables locaux par trois traits
distinctifs.
Ils sont jeunes, alors que la structure
associative de l’époque portait aux postes de
responsabilité des personnes d’âge mûr.
D’où les exhortations répétées de
l’apôtre aux intéressés, comme aux
communautés, que personne ne méprise ses
collaborateurs à cause de leur jeunesse (1 Tm 4.12, Tt 2.15
; 1Co 16.11). Il est évident que Paul innove. Il lance des
jeunes en leur confiant des responsabilités très
importantes. C’est ainsi qu’il démultiplie son
propre ministère pour l’affermissement et la
cohésion des communautés.
Ils sont mobiles, alors que les
responsables locaux sont fixes. C’est la mobilité qui
permet d’assurer la cohésion entre les
différentes communautés. Le développement
indépendant de chacune aurait vite ruiné
l’unité de l’Église. On voit bien la
difficulté éprouvée par Paul pour la
maintenir.
Ils sont formés par la
participation au ministère itinérant de Paul, alors
que les responsables locaux ne pouvaient bénéficier
d’un telle formation.
S’il y a un modèle
spécifique attesté dans le Nouveau Testament,
c’est bien plutôt celui-là que celui des anciens
qui n’a rien de spécifique à
l’Église primitive.
Ce modèle proprement
néotestamentaire, on risque de le négliger par
fixation sur les titres. Faut-il un titre importé du Nouveau
Testament pour justifier une fonction dans l’Église ?
Le maquis actuel des titres issus du vocabulaire du Nouveau
Testament (évêques, prêtres, anciens,
apôtres, etc.) montre bien qu’il s’agit
d’un mirage. Mieux vaut s’intéresser au but
poursuivi et aux activités entreprises que de poursuivre ce
mirage de titres prétendus authentiques. On risque aussi de
négliger ce modèle biblique par une séparation
artificielle entre la mission et l’Église. On limite
l’ecclésiologie à l’examen de la seule
structure locale de l’Église et l’on met sur le
compte de la mission l’activité supra-locale des
collaborateurs de Paul. Peut-on ainsi séparer la mission de
l’Église ? Ce n’est pas tant la création
de nouvelles communautés qui motive l’envoi des
compagnons de Paul que la cohésion des communautés
déjà existantes et où on a déjà
nommé des responsables locaux.
Le modèle du Nouveau Testament nous
invite ainsi à penser
- à partir des buts (et non
d’une structure type),
- à partir des tâches
à accomplir, des services à rendre
(déterminés en fonction des buts).
On espère avoir ainsi
réconcilié deux perspectives qui paraissaient
antagonistes au départ : suivre le modèle biblique ou
s’adapter aux besoins. Et si le modèle biblique le
plus évident n’était pas justement cette
adaptation des services (un mot moins lourd et plus conforme au
sens du terme à l’époque biblique que le terme
de ministère) et de leur organisation au besoin et au
développement de la communauté ? Et si cette
adaptation exigeait précisément que l’on sorte
du cadre restreint de la seule communauté locale pour penser
de manière plus régionale, globale ? Il est
évident qu’il ne suffit pas d’innover pour
suivre le Nouveau Testament et qu’à vouloir
répondre à des besoins que l’on a
définis soi-même on peut vite s’égarer.
On veillera donc à suivre au plus près
l’enseignement abondant et explicite du Nouveau Testament sur
la nature de l’Église et sa mission dans le monde.
par Emile Nicole, professeur
d'Ancien Testament
à la Faculté Libre de Théologie
Evangélique de Vaux-sur-Seine.
www.lafef.com
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pasitera
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Vers de nouvelles formes de ministères
Posée ainsi, la question invite à prendre quelque distance avec une problématique caractéristique de nos Églises évangéliques : l’organisation de nos communautés correspond-elle à celle de l’Église primitive ? Suggérer de nouvelles formes de ministère c’est prendre la question sous l’angle pratique, fonctionnel, c’est vouloir adapter l’organisation à ce que l’on ressent comme nécessaire au développement de l’Église dans sa situation et son environnement actuels, alors qu’on se préoccupait essentiellement de conformer la structure de l’Église à un modèle préétabli que décrirait le Nouveau Testament.
On pressent vite le danger d’une approche pragmatique où l’on suivrait un schéma fonctionnel au lieu de la Parole écrite de Dieu. L’objet de cette étude est de sonder les Écritures sur cette question particulière de l’innovation des formes de ministères, sans oublier la question importante du rapport entre l’organisation actuelle de l’Église et celle du Nouveau Testament. Après avoir évoqué un exemple marquant d’innovation à l’époque de l’Ancien Testament, l’institution de la royauté en Israël, on suivra la destinée de la structure des « douze » instituée par Jésus, on cherchera enfin à déterminer quelle part de souplesse, d’innovation, d’adaptation, le Nouveau Testament suggère-t-il pour l’organisation des services dans l’Église.
COMMENT DIEU GÈRE LA NOUVEAUTÉ
L’institution de la royauté est souvent interprétée comme un mauvais choix du peuple qui a rejeté le régime idéal de la théocratie prévu par Dieu. Cette note n’est certes pas absente du récit du livre de Samuel (1S 8 à 11), mais le lecteur est rendu sensible à d’autres aspects qui rendent la question plus complexe.
Dans le récit même, la faute de Samuel qui avait établi juges des fils indignes est clairement mise en évidence (1S 8.3), donnant ainsi une part de justification à la demande des anciens. Certes le changement de régime demandé, s’il résout dans l’immédiat le problème posé par le mauvais comportement des fils de Samuel, ne peut, à long terme, que reproduire le défaut constaté : les rois se succèderont de père en fils bien plus sûrement que les juges ! La formule « comme chez toutes les nations » (1 S 8.5) est inquiétante de la part d’un peuple qui devait se distinguer des autres, mais elle est déjà employée dans la loi du Deutéronome qui prévoit l’institution de la royauté à la demande du peuple (Dt 17.14). Demander un roi n’est donc pas jugé illégitime. Dieu a prévu par avance d’y répondre, veillant seulement à limiter les pouvoirs du roi et s’assurer de son obéissance : il doit être choisi par Dieu (v. 15) et lire attentivement la loi pour y conformer son action (v. 18-19).
Outre cette disposition de la loi, l’avènement de la royauté est préparé dans les récits qui précèdent. L’anarchie de l’époque des Juges la laisse désirer : « En ce temps-là il n’y avait pas de roi en Israël… » (Jg 17.6 ; 18.1 ; 19.1 ; 21.25). La mère de Samuel elle-même, dans son cantique de reconnaissance, annonce que le Seigneur donnera puissance à son roi et relèvera la force de son oint » (1S 2.10). Le roi est aussi évoqué dans le message de condamnation adressé à Éli par un homme de Dieu : Dieu s’établira un prêtre fidèle qui marchera toujours devant son oint (1S 2.35).
Bien que Dieu interprète la demande du peuple comme un rejet de sa personne : « c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux » (1S 8.7), il va cependant s’impliquer totalement dans le choix. Aucun autre roi n’aura été mieux choisi que Saül. Il bénéficie d’une triple légitimité, (1) comme fils spirituel de Samuel, oint en privé, bénéficiaire d’une expérience spirituelle qui l’assimile aux prophètes (1S 10.1-12), (2) comme roi tiré au sort, sans tenir compte de l’onction préalable (1S 10.17-27), (3) comme nouveau juge-libérateur, suscité par Dieu et animé par son Esprit (1S 11.1-15).
Cela n’empêchera pas la sévérité de Dieu à l’égard de Saül, tragiquement rejeté à cause de deux écarts. Mais dès le roi suivant, l’engagement de Dieu à l’égard de David et de son fils (2S 7) ouvre une perspective à long terme qui se réalisera avec la venue du Messie.
L’attitude de Dieu, tout au long de ce processus ne peut déconcerter celui qui s’attendrait à découvrir dans le récit la révélation de la forme de gouvernement idéal. Si la royauté éveille la méfiance de Dieu, elle n’est pas pour autant un régime maudit : avec un roi il est possible d’obéir au Seigneur et de s’attacher à lui (1S 12.15). En matière de régime politique, Dieu apparaît beaucoup plus pragmatique que doctrinaire. La royauté, pourquoi pas ? Et après tout, l’image royale n’est-elle pas excellente pour susciter l’attente du Messie ? Il ne faudrait pas en conclure que Dieu improvise : la présence de l’image royale dans les prophéties antérieures, atteste l’existence d’un plan divin qui domine l’histoire et transcende ce qui, à vues humaines, peut rester déconcertant.
LES « DOUZE »
Jésus a laissé très peu de consignes pour l’organisation de la communauté dont il a annoncé la fondation : « Je bâtirai mon Église » (Mt 16.18). La seule structure qui ressort nettement des récits des évangiles est celle des douze, appelés aussi apôtres (Lc 6.13), choisis par Jésus, leur liste est reproduite quatre fois (Mt, Mc, Lc, Ac), Jésus leur réserve un enseignement particulier et les envoie en mission. L’importance de ce groupe des douze se remarque encore au grand soin que Jésus a pris pour les nommer, une nuit de prière (Lc 6.12), à sa très forte déception d’être trahi précisément par l’un d’entre eux (Jn 6.70). À l’approche de sa mort, Jésus les réunit pour leur révéler le sens de sa passion et leur demander d’en rappeler le souvenir en prenant le pain et le vin. Ils sont les témoins privilégiés de sa résurrection et reçoivent un mandat universel (toutes les nations) et perpétuel (jusqu’à la fin du monde) (Mt 28.16-20).
Le livre des Actes nous permet de suivre au cours des premières années de l’Église le sort de cette structure mise en place par Jésus lui-même.
La première préoccupation des disciples est de réparer la brèche causée par la trahison et la mort de Judas. Cette initiative, bien que conduite avec réflexion et prière, apparaît assez marginale lorsqu’on la considère à la lumière de la suite de l’histoire. L’heureux élu n’est plus jamais nommé, ni dans le livre des Actes, ni dans aucun autre écrit du Nouveau Testament et le rôle décisif joué et revendiqué par l’apôtre Paul, comme « apôtre de Jésus-Christ », tend à reléguer au rang de simple anecdote ce remplacement hâtif. Ainsi la structure brisée par la trahison de Judas n’est rétablie que de manière symbolique et c’est par un treizième homme, un apôtre « accidentel » (1Co 15.8) que la mission fondatrice des apôtres, comme témoins de la résurrection et dépositaires de l’enseignement du Christ se trouve réalisée de la manière la plus évidente. Ne serait-ce pas une nouvelle manifestation du pragmatisme de Dieu ? Peut-être aussi d’un certain humour ?
Les hommes aussi devront se montrer pragmatiques. Pour résoudre les difficultés de gestion de la communauté de Jérusalem et pour préserver la fonction spirituelle du groupe des douze, les voici contraints à mettre en place une nouvelle structure (Ac 6). Le soin avec lequel le choix est effectué, la valeur symbolique du nombre (sept) témoigne de la volonté de reproduire, à un degré inférieur la structure type des douze apôtres. Là encore, la liberté de Dieu à l’égard des structures va se manifester : élus pour « servir aux tables », les sept, au moins deux d’entre eux, se révèlent peu de temps après comme de remarquables témoins (Etienne) et propagateurs de l’évangile (Philippe).
Une autre particularité doit être signalée, le terme d’apôtre n’est pas toujours réservé aux douze et à Paul. Il s’applique à Jacques, frère de Jésus, qui n’était pas l’un des douze (Ga 1.19, à des compagnons de Paul tels qu’Andronicus et Junia, ou Junias (Ro 16.7), aux délégués des Églises chargés de porter à Jérusalem les fonds collectés (Ph 2.25 ; 2Co 8.23). En parlant de « faux apôtres déguisés en apôtres du Christ » (2Co 11.13), Paul confirme que le titre n’était pas réservé aux douze : il ne peut y avoir de faux apôtres que si, par convention commune, le titre peut être étendu à d’autres qu’aux douze. Cet emploi du même terme dans un sens restreint (les douze) et dans un sens plus large, ne gomme pas pour autant toute différence entre les deux groupes. Sinon pourquoi Paul revendiquerait-il avec autant d’insistance son appartenance au groupe restreint en se prévalant du titre d’apôtre ? Mais elle oblige le lecteur à plus de souplesse d’esprit et d’acuité dans l’interprétation des textes.
Ainsi le sort, dans les premières décennies de l’Église de la seule structure mise en place par Jésus, confirme l’impression produite par l’instauration de la royauté et l’enrichit : adaptation au développement de l’Église et liberté des dons de grâce attribués par Dieu, constituent deux facteurs importants de variation ou de transformation des structures. On découvre ainsi que la voie qui consiste à rechercher une structure type pour la reproduire aujourd’hui n’est peut-être pas la mieux adaptée au contenu du Nouveau Testament. Celui-ci nous oriente autant vers les écarts et les transformations nécessaires à toute structure pour s’adapter à une réalité concrète évolutive et à l’action souveraine de Dieu.
Reste à nous pencher sur les structures de l’Église primitive telles qu’elles ressortent du livre des Actes et des Épîtres.
par Emile Nicole, professeur d'Ancien Testament
à la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine.
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